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19/03/2016 14:03 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Présidentielle au Niger: le rapporteur de la Commission électorale "suspend" sa participation

Le rapporteur général de la Commission électorale indépendante du Niger (Céni), en charge du scrutin présidentiel de dimanche, Maikoul Zodi, a annoncé samedi "suspendre" sa participation pour dénoncer la "violation" de la loi électorale par le président de la Céni.

M. Zodi est l'unique représentant de la société civile au sein du bureau de la Céni. Sa décision est intervenue à la veille du second tour de l'élection présidentielle, qui devrait permettre au chef de l'Etat sortant Mahamadou Issoufou de se maintenir au pouvoir face au candidat de l'opposition Hama Amadou, évacué pour des soins en France.

"Je suspends toute activité à la Céni, en raison d'un certain nombre de faits", a-t-il affirmé sur des télévisions privées.

Il reproche notamment au président de la Céni, Ibrahim Boubé, d'avoir pris "un arrêté pour remplacer" dans les bureaux de vote les membres de l'opposition, qui a décidé de boycotter le scrutin.

Les bureaux de vote "doivent refléter la configuration" des partis politiques en compétition, a-t-il précisé, estimant que la loi électorale n'autorise pas le président de la Céni à prendre une telle décision.

Dans un communiqué, M. Zodi a également dénoncé "l'absence de consensus" à la Céni et "(sa) volonté d'imposer un processus électoral aux antipodes de la transparence et fiabilité du vote".

La Copa (coalition de l'opposition pour l'alternance) a déjà appelé au boycott du scrutin et demandé le retrait de tous ses représentants de la Céni.

Elle a aussi prévenu qu'elle ne "reconnaîtrait pas les résultats" du scrutin ni "les institutions issues des élections".

La Copa dénonce en particulier "l'instrumentalisation et l'inféodation de la Céni et de la Cour constitutionnelle (qui proclame les résultats) par le pouvoir exécutif".

Ecroué depuis mi-novembre pour un présumé trafic de bébés, le candidat de la Copa, Hama Amadou, malade a été évacué mercredi dans un hôpital près de Paris. Le 2 mars, l'opposition avait réclamé la libération de l'opposant afin qu'il puisse mener sa campagne et affronter en "toute régularité".

"Nous n'avons pas besoin de leur reconnaissance", a affirmé Mohamed Bazoum, ministre d'Etat sans portefeuille, qui assure que les opposants veulent éviter une défaite annoncée. "Ils ne sont pas unis. Certains ont essayé de faire se désister Hama Amadou".

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