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19/03/2016 02:17 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

L'arrestation d'Abdeslam, une "victoire" mais qui n'efface pas les questions pour la presse belge

"Une victoire", "un soulagement", "une mission accomplie", se félicitent samedi les médias belges au lendemain de l'arrestation de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats de Paris, tout en pointant les zones d'ombre autour de ses quatre mois de cavale.

"De Molenbeek à Molenbeek" (Le Soir), "Fin de cavale" (La Libre Belgique), "La cavale aura duré 126 jours" (L'Echo)... Les quotidiens belges saluent la fin de la traque de "l'homme le plus recherché d'Europe", soupçonné d'avoir joué au moins un rôle de logisticien dans les attentats de Paris (130 morts et des centaines de blessés) le 13 novembre.

"Un grand soulagement et enfin, une victoire", écrit l'éditorialiste du Soir, en louant "un trophée à haute valeur factuelle, psychologique mais aussi symbolique".

"Ce coup de filet spectaculaire permet aussi à la Belgique de redorer son blason", souligne Le Soir: "Il faut dire que la réputation belge était tombée plus bas que terre et qu'un Abdeslam en liberté était non seulement une menace permanente pour la sécurité quotidienne du pays mais aussi un défi à ses autorités. L'arrêter c'est reprendre le contrôle et retrouver son honneur."

Mais cette arrestation "ne clôt malheureusement pas la guerre sournoise que des dizaines de cerveaux gavés d'illusions et gonflés de frustrations préparent dans l'anonymat de leurs trois-pièces sordides", écrit le journal économique L'Echo après avoir applaudi une "mission accomplie".

"Demeure la partie immergée de cet iceberg qu'est le radicalisme. La plus importante. Celle de ces adolescents, de ces jeunes hommes et femmes qui voient en Salah Abdeslam et ses acolytes les nouveaux +héros+ d'un Occident en perdition", poursuit-il.

"Tout porte à croire qu'il existe d'autres +planques+ qui doivent être rendues moins sûres pour les terroristes. Et que beaucoup de travail doit être fait auprès des jeunes qui estiment que la police n'a rien à faire dans leur quartier, même contre un terroriste avec du sang de Paris sur les mains", renchérit le quotidien flamand Nieuwsblad.

"Qu'on ne s'y méprenne pas: d'autres cellules sont à l'oeuvre en Belgique. Elles risquent de faire encore couler le sang", avertit La Libre Belgique.

Et la commune bruxelloise de Molenbeek se retrouve plus que jamais symbole du jihadisme en Europe.

Pour le quotidien flamand De Standaard, cette arrestation donne "l'impression que Molenbeek est un lieu de non-droit, où l'ordre n'a que peu de sens."

"Pour Molenbeek, c'est un jour très noir. Pire que les précédents car ce retour au bercail témoigne du fait que Salah Abdeslam, même aux abois, même avec du sang sur les mains, s'y sentait protégé", observe Le Soir.

"C'est un travail de fond dans ces quartiers de Molenbeek et d'ailleurs qu'il faut pouvoir réaliser. Le (pouvoir) fédéral (belge) ne peut s'en laver les mains", estime-t-il.

sva/pau/agr/pt