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19/03/2016 13:47 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Guinée-Bissau : une mission de l'UA appelle au dialogue pour sortir de la crise

Une mission du Conseil de paix et sécurité de l'Union Africaine a appelé samedi l'ensemble des autorités politiques et militaires de Guinée-Bissau à "créer un climat propice au dialogue" afin de trouver entre elles une solution à la crise que traverse le pays depuis l'été dernier.

"Il est clair, ce sont les Guinéens eux-mêmes qui doivent résoudre leurs problèmes, parce que la responsabilité repose sur leurs épaules. Nous sommes ici juste pour les appuyer. Les acteurs qui ont besoin de cette aide doivent s'asseoir ensemble et tenter de trouver ensemble la solution" a déclaré à la presse Mass Guey, Ambassadeur de la Gambie à Union Africaine et chef de la mission.

La délégation, qui compte 15 membres, a rencontré les autorités politiques et militaires, le président de l'Assemblée, les représentants des partis politiques et la société civile. Mais les 15 frondeurs du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée du Cap vert (PAIGC, au pouvoir) ont été exclus de l'agenda de travail.

"Les 15 frondeurs constituent une partie du problème et cela doit figurer dans notre rapport. Je veux que cela soit clair pour tous. Nous n'avons pas rencontré les frondeurs car leur cas est encore en justice. Si à notre arrivée leur cas avait été tranché auparavant par la justice, nous les aurions rencontrés et écouté leurs plaintes", a indiqué M. Guey.

Le Conseil a instamment demandé aux acteurs politiques de faire preuve d'un sens élevé des responsabilités, en vue de trouver, par le dialogue et la concertation, les solutions, avec l'appui des pays de la région, de l'UA et de la communauté internationale dans son ensemble.

"L'Union Africaine fera connaître son point de vu d'ici le 29 mars", a conclu M. Guey

La mission doit quitter Bissau dimanche pour Addis Abeba.

Arrivés lundi matin à Bissau, les ambassadeurs de l'ONU ont eu des entretiens avec le représentant des Nations unies sur place, Miguel Trovoada, ainsi que plusieurs autorités dont le président José Mario Vaz, le Premier ministre Carlos Correia et le président de l'Assemblée nationale Cipriano Cassama.

Ils ont aussi discuté avec des responsables politiques dont ceux du PAIGC et du Parti de la rénovation sociale (PRS, principale formation d'opposition).

La crise politique en Guinée-Bissau implique des partisans du président Vaz, élu en mai 2014, et ceux de son ex-Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, également président du PAIGC.

M. Vaz avait limogé en août 2015 M. Pereira, suscitant de vives critiques du PAIGC. D'après leurs entourages, les deux hommes ne s'entendaient pas depuis plusieurs mois sur la manière de diriger le pays, notamment au sujet de la corruption.

Depuis ce limogeage, la lutte entre les deux camps, y compris devant la justice et à l'Assemblée nationale, perturbe le travail du gouvernement et des députés.

Le 26 février, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité une résolution sur la Guinée-Bissau, se déclarant notamment "préoccupé par les tensions politiques et institutionnelles persistantes entre le président, le Premier ministre, le président du Parlement et les responsables des partis politiques".

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise d'environ 1,6 million d'habitants, a connu depuis son indépendance en 1974 de nombreux coups d'Etat et tentatives de coups d'Etat dans lesquelles les militaires ont généralement joué un rôle prépondérant.

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