NOUVELLES
19/03/2016 18:54 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Brésil/Petrobras: le nouveau ministre de la Justice et la police croisent le fer

La police brésilienne a tiré à boulets rouges samedi sur le nouveau ministre de la Justice, qui avait menacé de sévir contre les enquêteurs suspectés d'avoir fait fuiter des informations dans les affaires de corruption qui touchent le sommet de l'Etat.

Eugenio Aragao a pris ses fonctions jeudi en même temps que l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, nommé chef de cabinet de la présidente Dilma Rousseff, et soupçonné par la justice de corruption et blanchiment d'argent dans l'affaire Petrobras.

"Si je sens qu'il y a eu des fuites dans l'enquête, je remplacerai toute l'équipe. Et je n'ai pas besoin d'avoir de preuves", a déclaré M. Aragao dans un entretien au journal Folha de Sao Paulo.

Ces propos ont provoqué une levée de boucliers du côté des policiers.

"S'il y a des changements dans les équipes de police pour des accusations d'irrégularités sans avoir au préalable une enquête, nous prendrons des mesures", a averti le président de l'association des délégués de la police fédérale, Carlos Sobral, lors d'un entretien avec l'AFP.

"Ce qu'il y a, dans l'affaire +Lavage rapide+, c'est une levée du secret de l'instruction sur décision judiciaire. Ce ne sont pas des fuites", a-t-il affirmé, en référence au nom de l'enquête sur le vaste réseau de corruption entourant la compagnie pétrolière étatique Petrobras.

Après 13 ans au pouvoir, la gauche brésilienne est empêtrée ce scandale de corruption qui fait tanguer la présidente Dilma Rousseff, menacée au Parlement d'une procédure de destitution.

Lula risque, lui, un placement en détention provisoire.

Des figures du Parti des travailleurs (PT) de Mme Rousseff ont dénoncé un acharnement de la part des enquêteurs et estiment que le secret de l'instruction n'est pas toujours respecté.

dw/gkg/plh