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19/03/2016 10:05 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Attentats de Paris: Belkaid s'est joint à l'ÉI dans le but d'être kamikaze

PARIS — L'Algérien ayant été relié aux attentats du 13 novembre à Paris après avoir été abattu cette semaine par la police belge s'est joint au groupe armé État islamique (ÉI) en 2014 et a informé l'organisation terroriste qu'il souhaitait mourir comme kamikaze plutôt que d'être combattant.

Mohamed Belkaid n'était pas connu des autorités lorsqu'il a été tué en banlieue de Bruxelles, mardi, durant une opération ayant mené à l'arrestation du fugitif Salah Abdeslam. Ce dernier aurait réussi à s'échapper de l'appartement où s'est déroulée la descente pendant que Belkaid faisait feu sur les policiers avec une kalachnikov, mais a été appréhendé trois jours plus tard.

Selon des documents exclusifs remis à l'Associated Press par le site de nouvelles de l'opposition syrienne Zaman al-Wasl, Belkaid a raconté à l'ÉI qu'il avait voyagé partout à travers l'Europe, incluant en Espagne, en Allemagne et en France, et qu'il résidait en Suède. Il a fourni au groupe un passeport et le numéro de téléphone d'un proche, numéro qui n'était toutefois plus en service vendredi.

Dans les documents, l'homme a affirmé n'avoir aucune expérience comme djihadiste et personne pour répondre de lui lorsqu'il a traversé la frontière le 19 avril 2014. L'ÉI privilégie l'expansion de son réseau à l'étranger et le fait que les recrues aient un commanditaire permet à la fois de prouver leur crédibilité et de mesurer l'étendue du réseau de l'organisation terroriste.

Mohamed Belkaid a aussi précisé qu'il travaillait comme confiseur.

Le service du renseignement allemand a indiqué avoir en sa possession une copie de certains des documents donnés par le site syrien et qu'ils étaient considérés comme étant authentiques.

La «demande d'emploi» soumise par Belkaid à l'ÉI et ses liens avec les auteurs des attaques de Paris, dont plusieurs s'étaient rencontrés et entraînés en Syrie, montrent à quel point il est difficile de découvrir toutes les ramifications du complot ayant fait 130 morts dans la capitale française.

Le président français François Hollande avait déclaré, vendredi, qu'il y avait plus de personnes impliquées dans les attentats que l'avaient d'abord pensé les autorités et avait prédit que d'autres arrestations surviendraient après celles d'Abdeslam et de quatre autres suspects épinglés durant la même intervention policière.

Toujours vendredi, les procureurs de la Belgique avaient révélé que Mohamed Belkaid était «fort probablement» un complice de Salah Abdeslam et qu'il avait utilisé une fausse carte d'identité belge sous le nom de Samir Bouzid.