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18/03/2016 11:37 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Un responsable marocain accuse Ban d'avoir "manqué de respect" au roi (médias)

Un responsable du ministère marocain des Affaires étrangères a dénoncé vendredi "le manque de respect" du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon envers le roi Mohammed VI, l'accusant de vouloir imposer son agenda personnel pour une visite au Maroc, selon des médias locaux.

M. Ban a effectué début mars une tournée régionale axée sur le Sahara occidental qui l'a amené à se rendre notamment en Mauritanie et en Algérie.

Lorsque Rabat a indiqué à M. Ban que sa visite au Maroc ne convenait pas à l'agenda du roi alors en déplacement en France, il a insisté et répondu qu'en son absence, "il pouvait rencontrer un autre responsable", a affirmé lors d'une conférence de presse réservée aux médias locaux Nasser Bourita, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, cité par plusieurs sites d'informations.

"Il s'agit d'un manque de respect", a soutenu M. Bourita, selon les mêmes source.

Le Maroc et l'ONU sont à couteaux tirés depuis la visite début mars de M. Ban dans un camp de réfugiés sahraouis à Tindouf (Algérie). A cette occasion, le chef de l'ONU avait fortement irrité Rabat en parlant "d'occupation" à propos du statut du Sahara occidental.

Ce territoire est une ex-colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc, mais qui reste revendiquée par des indépendantistes (Polisario). Les efforts de médiation de l'ONU sont dans l'impasse.

Dimanche dernier, des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblés à Rabat pour protester contre son "manque de neutralité". Pris pour cible, M. Ban a dénoncé un "manque de respect" du Maroc envers l'ONU et sa personne.

En représailles, le Maroc a décidé de supprimer une contribution financière de trois millions de dollars à la Minurso (la mission de l'ONU au Sahara occidental), présente dans le territoire depuis 1991, et d'expulser 84 de ses membres sous "quelques jours".

M. Bourita a toutefois salué vendredi "la pondération" du Conseil de sécurité réuni la veille pour trouver une issue à la querelle, selon l'agence officielle MAP.

"L'important pour le Maroc est le résultat des discussions et le fait qu'il (le Conseil, ndlr) n'ait publié ni résolution ni décision, démontre qu'il traite la question avec responsabilité et pondération", a-t-il déclaré.

Le dossier doit de nouveau être abordé lundi lors d'un déjeuner entre Ban Ki-moon et les 15 membres du Conseil de sécurité.

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