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18/03/2016 03:20 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Russie: la banque centrale maintient son taux directeur à 11%, pas de baisse en vue

La banque centrale de Russie a décidé vendredi de laisser son taux directeur inchangé à 11%, jugeant les risques inflationnistes "élevés" en dépit du rebond récent du rouble, et a laissé entendre qu'elle ne comptait pas l'abaisser à court terme, comme l'espérait le gouvernement.

Cette décision était anticipée par la majorité des économistes.

"En dépit d'une certaine stabilisation sur les marchés financiers et des matières premières et d'un ralentissement de l'inflation, les risques inflationnistes restent élevés", écrit la Banque de Russie dans un communiqué.

"Ces derniers sont liés à l'évolution actuelle du marché pétrolier, des attentes inflationnistes qui restent élevées et de certaines incertitudes concernant le budget. Pour atteindre ses objectifs d'inflation, la Banque de Russie pourrait mener une politique monétaire modérément stricte plus longtemps qu'envisagé auparavant", écrit-elle.

L'institution avait menacé lors de sa réunion précédente, en janvier, de relever sont taux pourtant très élevé pour l'activité économique, craignant un nouveau dérapage des prix après une chute du rouble au plus bas niveau de son histoire face au dollar dans le sillage des cours du pétrole.

Depuis, la remontée du marché de l'or noir, dont dépend fortement l'économie russe, a permis au rouble de revenir à ses plus hauts niveaux de l'année. En outre, le taux annuel d'inflation a ralenti plus vite que prévu s'établissant selon la banque centrale à 7,9% actuellement contre 15% une grande partie de 2015.

Ces facteurs, comme l'a estimé cette semaine le ministre de l'Economie Alexeï Oulioukaïev, plaident en faveur d'une baisse des taux mais la banque centrale estime que le rebond des cours du pétrole pourrait ne pas être "durable".

L'institution constate par ailleurs que la récession frappant la Russie, visée en outre par des sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne, s'annonce "moins grave que prévu auparavant compte tenu du niveau des prix du pétrole". Elle table désormais sur une baisse du produit intérieur brut entre 1,3% et 1,5% cette année et un retour à la croissance "fin 2016-début 2017".

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