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18/03/2016 04:23 EDT | Actualisé 18/03/2016 04:24 EDT

Résurgence d'Ebola en Guinée: réouverture d'un centre de traitement et vaccinations

Fuse via Getty Images
Ebola Virus at 108,000 Magnification

Un centre de traitement d'Ebola a été rouvert en urgence en Guinée après la réapparition du virus dans le sud du pays, que les autorités veulent circonscrire par une campagne de vaccination et des quarantaines, a-t-on appris vendredi de sources médicales.

Le coordinateur national de la lutte contre Ebola, le Dr Sakoba Keïta, a présenté un plan d'action prévoyant notamment de "vacciner dans les 72 heures tous les contacts et les contacts des contacts", en référence aux personnes susceptibles d'avoir approché les malades.

A l'issue d'une réunion vendredi, le Dr Keïta a également recommandé la mise en quarantaine d'une centaine de familles dans la sous-préfecture de Koropara, où ont été découverts les nouveaux cas, selon un communiqué du gouvernement.

"Nous comptons aller à Koropara demain samedi", a indiqué de son côté à l'AFP un porte-parole de la Coordination nationale de lutte contre Ebola, Fodé Tass Sylla, après une réunion distincte à N'Zérékoré, la principale ville de la région.

Le virus Ebola a été identifié sur deux personnes d'une même famille décédées à Koropara, ainsi qu'au moins deux de leurs proches, les premiers cas signalés dans ce pays depuis que la fin de l'épidémie y a été proclamée le 29 décembre, a annoncé jeudi le gouvernement.

Ces deux derniers patients "ont été pris en charge par l'organisation Alima (The Alliance For International Medical Action) qui a rouvert en urgence le centre de traitement Ebola de N'Zérékoré, en Guinée forestière", a précisé l'ONG dans un communiqué.

Il s'agit d'"une mère et de son fils de 5 ans", a précisé l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) précisant avoir été alertée sur une possible résurgence d'Ebola en Guinée depuis le 16 mars, à la suite de décès inexpliqués dans une famille présentant des symptômes du virus.

Les équipes dépêchées sur place par l'OMS et le ministère de la Santé "s'efforceront d'enquêter sur l'origine des nouvelles contaminations et d'identifier, isoler, vacciner et surveiller tous les contacts des nouveaux cas et des morts", a ajouté l'organisation.

Une source proche de la Coordination de lutte contre Ebola a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que les deux personnes décédées étaient un couple marié.

Jeudi matin, l'OMS avait pourtant annoncé l'arrêt présumé de "toutes les chaînes de transmission initiales" de l'épidémie en Afrique de l'Ouest après la fin du dernier épisode de la maladie en Sierra Leone voisine.

"Les cas découverts en Guinée sont évidemment une menace pour la Sierra Leone", a déclaré vendredi à l'AFP le directeur du contrôle et de la prévention des maladies au ministère sierra-léonais de la Santé, le Dr Foday Dafai.

Les services de santé ont été mis en état d'alerte à la frontière et "tous les hôpitaux du pays ont réactivé leurs centres de traitement d'Ebola au niveau régional", a-t-il souligné.

Partie en décembre 2013 de Guinée forestière, cette épidémie, la pire depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, s'est propagée au Liberia et à la Sierra Leone limitrophes - ces trois pays concentrant plus de 99% des victimes - faisant officiellement plus de 11 300 morts pour quelque 28.000 cas recensés.

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