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18/03/2016 02:20 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Poutine en Crimée pour les deux ans de l'annexion de la péninsule ukrainienne

Le président russe Vladimir Poutine doit se rendre en Crimée vendredi pour le deuxième anniversaire de l'annexion de la péninsule ukrainienne, alors que ce coup de force de Moscou continue de peser sur les relations entre les Occidentaux et la Russie.

M. Poutine se rendra sur l'île de Touzla, au large de la péninsule, pour superviser la construction, pour environ 2,9 milliards d'euros, d'un pont au-dessus du détroit de Kertch afin de relier la Crimée et le sud de la Russie par voie terrestre.

Au cours de sa visite, le président devrait également participer à des réunions consacrées au développement économique de la péninsule, qui souffre d'une inflation galopante et reste encore très dépendante de l'Ukraine, notamment pour ses approvisionnements en eau et électricité.

Des concerts et des festivités publiques devraient également avoir lieu pour la célébration du deuxième anniversaire de la signature par Vladimir Poutine d'un traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie.

Cette annexion, considérée comme "illégale" par Kiev et les Occidentaux, est justifiée selon le Kremlin par un référendum controversé qui a vu 97% des habitants de la Crimée voter pour le rattachement à la Russie mais sous l'oeil des forces armées russes qui avaient pris le contrôle du territoire.

L'Union européenne et les Etats-Unis avaient alors décrété une série de sanctions contre Moscou, que Bruxelles a renouvelées début mars jusqu'au 15 septembre.

Washington a de son côté appelé une nouvelle fois mercredi Moscou à "mettre fin à l'occupation (de la péninsule) et à rendre la Crimée à l'Ukraine".

Près de 83% des Russes soutiennent l'annexion par Moscou de la Crimée, qui avait été offerte à l'Ukraine par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954, selon un sondage du centre indépendant Levada paru en février.

Les autorités de Crimée ont créé un "climat pervers de peur et de répression en Crimée", estime pour sa part l'ONG internationale Human Rights Watch.

Les défenseurs des droits de l'Homme s'inquiètent notamment du traitement réservé par les autorités à la communauté des Tatars de Crimée, largement opposée à l'annexion russe, ainsi que de la pression qu'elles exercent contre les journalistes et militants ukrainiens présents sur place.

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