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18/03/2016 04:38 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Migrants: Réunion de dirigeants européens sur la situation "préoccupante" en Libye

Les dirigeants de six pays européens se sont réunis vendredi à Bruxelles autour de la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, pour évoquer la situation politique et sécuritaire en Libye jugée "préoccupante", selon des sources concordantes.

La réunion entre Mme Mogherini et les chefs d'Etat ou de gouvernement d'Allemagne, Espagne, France, Italie, Malte et du Royaume-Uni s'est tenue à la mi-journée en marge d'un sommet européen où les 28 tentaient d'arracher un accord avec la Turquie pour tarir le flux de migrants arrivant sur les côtes grecques.

Mais depuis quelques jours le sauvetage en Méditerranée centrale de milliers migrants venus de Libye a fait resurgir le spectre de ce deuxième front à gérer dans la crise migratoire.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a souligné la nécessité d'"analyser ce qu'on peut faire" face aux "mafias qui se livrent au trafic d'êtres humains" depuis la Libye, en profitant du chaos politique dans ce pays.

"C'est une réunion pour analyser la situation en Libye, qui est très préoccupante. Il y a un gouvernement mais qui encore n'a pas le soutien du Parlement, la Libye est un pays où Daech est présent", a-t-il rappelé.

Jeudi soir, le président français François Hollande avait jugé qu'il y avait un "risque très sérieux", si "le chaos demeure (en Libye), qu'il y ait de nouveaux mouvements de populations" passant par "Malte, l'Italie et demain, une fois encore, des pays comme l'Allemagne et la France".

Le Premier ministre britannique, David Cameron, voulait profiter de cette réunion pour rappeler que son pays est favorable à l'extension aux eaux territoriales libyennes de l'opération navale européenne Sophia de lutte contre les passeurs, selon une source officielle britannique.

Pour l'heure, les interceptions de bateaux de trafiquants ne sont autorisées que dans les eaux internationales, faute d'un mandat du gouvernement libyen pour intervenir près des côtes ou de feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU.

"On ne peut pas se permettre de détourner le regard et de se concentrer uniquement sur les voies de passage de la Méditerranée orientale, il faut aussi regarder les autres", a souligné vendredi une porte-parole de M. Cameron.

L'opération Sophia été mise sur pied par l'UE en juillet 2015 après plusieurs naufrages tragiques au large de la Libye, où des centaines de migrants sont morts en quelques mois. Mais ensuite, la route s'est déplacée vers la mer Egée, par laquelle plus de 850.000 migrants ont rallié le continent européen l'an dernier.

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