NOUVELLES
18/03/2016 13:21 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Les tentatives de bloquer la nomination de «Lula» au cabinet échouent au Brésil

SAO PAULO — Un tribunal d'appels brésilien a renversé, vendredi, une deuxième tentative de bloquer la désignation au cabinet de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, et des partisans se sont rassemblés pour soutenir un gouvernement aux prises avec une crise de confiance.

M. Lula da Silva a été assermenté en tant que chef de cabinet de la présidente Dilma Rousseff, jeudi. Cette nomination permettra au politicien charismatique d'aider la présidente à combattre une tentative de destitution et compliquera également la tâche d'enquêter sur des liens possibles entre «Lula» et un scandale de corruption relié à la société d'État pétrolière Petrobras.

Les opposants ont rapidement obtenu des injonctions de deux juges pour bloquer la désignation, mais les deux décisions ont été renversées.

Des partisans de «Lula», président de 2003 à 2010 et l'une des figures politiques du Brésil les plus connues, ont commencé à se rassembler dans une poignée de villes à travers le pays, particulièrement dans le sud industriel, où l'ancien travailleur d'usine devenu politicien comptait sa base électorale.

Les opposants de Mme Rousseff l'accusent de tenter d'aider «Lula» à éviter les procédures en justice. Il y a moins de deux semaines, il avait été interpellé pour répondre à des questions relativement à l'enquête sur Petrobras, qui a mis dans l'eau chaude tant des alliés que des rivaux de l'ancien président âgé de 70 ans. Les membres du cabinet ne peuvent pas faire l'objet de l'enquête, être accusés ou emprisonnés à moins d'obtenir une autorisation de la Cour suprême.

Les partisans de Mme Rousseff voient les choses autrement. Selon eux, «Lula», connu pour son charisme et son habileté à forger des consensus, pourrait sauver la mise pour Mme Roussef et contribuer à sortir l'économie du gouffre.

Mme Rousseff, comptant un taux de satisfaction de moins de dix pour cent, combat les tentatives de la destituer concernant des allégations de mauvaise gestion financière non reliée à l'affaire Petrobras. Les procédures pour la chasser du pouvoir ont progressé cette semaine, alors que la chambre basse a constitué une commission spéciale sur la question.

Mme Rousseff et M. Lula da Silva ont nié à maintes reprises toute mauvaise conduite.

Dans une lettre publique, vendredi, «Lula» a qualifié les deux dernières semaines d'«épisodes tristes et embarrassants» qui font mal à tous les Brésiliens.

Comme il le fait souvent, il a fait référence à ses origines modestes. Il a souligné qu'il était peu éduqué, mais qu'«il savait, en tant qu'être humain, comment distinguer le bien du mal, la justice de l'injustice».

L'ancien président a aussi remis en question la légalité du dévoilement surprise d'enregistrements téléphoniques entre lui et une série de figures publiques, dont Mme Rousseff elle-même.