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17/03/2016 23:30 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Les noms d'oiseaux fusent au Parlement australien

Les noms d'oiseaux ont fusé au Parlement australien où une séance consacrée à la plus importante réforme électorale engagée depuis des décennies s'est muée en vaste bouffonnerie, certains parlementaires se présentant même en pyjama pour assister aux débats.

Le projet de loi porté par le gouvernement conservateur et modifiant le mode d'élection des sénateurs --au détriment des petits partis-- a fini par être adopté vendredi après-midi après une nuit d'affrontements acrimonieux et d'obstruction parlementaire.

La coalition gouvernementale dominée par le Parti libéral (conservateur) a eu raison de l'opposition travailliste grâce au soutien des Verts.

"Je pète dans votre direction générale", a lancé à un moment le sénateur travailliste Doug Cameron, en référence à un sketch des humoristes britanniques Monty Python.

Le sénateur indépendant Nick Xenophon est arrivé vêtu de son pyjama, un oreiller sous le bras.

La sénatrice travailliste Penny Wong hurlait quant à elle au moment d'insulter les Verts, parlant d'un "marché inavouable" conclu par "cette marionnette des Libéraux", le sénateur vert Richard di Natale.

Aux termes du nouveau système, les partis minoritaires pourraient être écartés du Parlement aux prochaines élections, prévues avant la fin de l'année.

L'opposition travailliste s'était alliée pour l'occasion à des formations telles que le Parti des enthousiastes de l'automobile ou le mouvement populiste du magnat de la mine Clive Palmer, le Palmer United Party.

Les travaillistes disent que les 15% d'Australiens qui avaient voté en 2013 pour des partis minoritaires ne seront plus représentés.

Le ministre des Finances Mathias Cormann a soutenu que la réforme était constitutionnelle mais l'ancien ministre des Ressources Ian McFarlane s'est inquiété de l'image projetée par la classe politique.

"La violence des attaques personnelles et le manque de respect pour l'opinion d'autrui, associés à l'idée qu'il faut gagner +à tout prix+, sont peut-être matière à spectacle pour la presse, mais détruisent la confiance du public dans l'institution", a-t-il dit.

"Il n'est pas étonnant, quand on a des politiciens qui passent leur temps à dénigrer leurs opposants, que l'opinion nous considère comme des clowns, et cet endroit comme un cirque".

Rien de nouveau sous le soleil, a commenté le politologue Nick Economou, de l'université Monash. "Les débats parlementaires australiens n'ont jamais été de très haute tenue". Les parlementaires préfèrent souvent "les arguments puérils" à "l'art oratoire", a-t-il dit à l'AFP.

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