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18/03/2016 08:11 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Les députés brésiliens commencent à examiner la demande de destitution de Dilma Rousseff

La Chambre des Députés du Brésil a donné le coup d'envoi vendredi à la première des réunions prévues de la commission qui doit se prononcer sur l'ouverture d'une procédure de destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff ou sur le classement de l'affaire.

Le président de la Chambre Eduardo Cunha veut accélérer la procédure afin que la commission achève ses travaux dans un délai d'un mois.

"Il vaut mieux que ça aille vite pour que le pays sache quelles sont les vraies échéances. Nous ne pouvons pas avoir pour seul point à l'ordre du jour la destitution. Cela pourrait se faire en 30 jours", a déclaré Paulo Cunha à l'ouverture des travaux.

"Le plus probable est que ce soit dans la semaine du 20 ou du 27 avril", a-t-il ajouté.

La présidente Dilma Roussef, du Parti des Travailleurs (PT, gauche), a été accusée par un groupe de juristes soutenu par l'opposition d'avoir augmenté les dépenses publiques sans accord du parlement et d'avoir bouché les trous du budget à l'aide de prêts des banques publiques en 2014, l'année de sa réélection, ainsi que début 2015.

Eduardo Cunha, en confrontation ouverte avec Dilma Rousseff et lui-même visé par des accusations de corruption dans le scandale Petrobras, veut que la commission composée de 65 députés se réunisse tous les jours afin que ses membres soumettent rapidement une recommandation aux 513 parlementaires brésiliens.

Un avis favorable au processus de destitution doit être approuvé par les deux tiers de la Chambre (342 députés), sinon l'affaire sera classée.

Si la Chambre des Députés approuve une demande de destitution et que le Sénat (81 sièges) la ratifie à la majorité simple, Dilma Rousseff serait automatiquement écartée de son poste pendant un délai maximum de 180 jours.

Sa destitution définitive ne pourrait intervenir que si le Sénat vote en faveur à l'issue du processus à la majorité des deux tiers (54 sénateurs sur 81).

Si la Commission recommande de ne pas poursuivre la procédure, cet avis doit aussi être approuvé par la Chambre en séance plénière.

"L'avis de la commission est une étape transitoire. Quelle que soit sa décision, celle-ci sera soumise à l'assemblée plénière. C'est l'assemblée réunie en séance plénière qui peut décider d'ouvrir ou non la procédure de destitution", a souligné M. Cunha.

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