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18/03/2016 16:14 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

La question de l'accès des journalistes à la tribune débattue en Alberta

EDMONTON — La tribune de la presse à l'Assemblée législative de l'Alberta devrait pouvoir choisir les journalistes qui peuvent assister aux conférences de presse, selon un rapport.

Heather Boyd, ex-chef de bureau de l'Ouest du Canada pour La Presse Canadienne, estime que les points de vue politiques des reporters ne devraient pas être pris en compte pour accepter ou non leur admission au sein de la tribune.

Cet enjeu fait de plus en plus l'objet de discussions alors que les médias en ligne et les réseaux sociaux brouillent la distinction entre les journalistes et le public qu'ils sont censés informer.

Mme Boyd a expliqué après la publication de son rapport, vendredi, qu'il était difficile de définir le travail de journaliste de nos jours. Les règles devront changer au fil du temps, selon elle.

La journaliste à la retraite croit que l'accréditation des journalistes devrait être décidée par la tribune de la presse, qui rassemble des reporters qui couvrent régulièrement la politique.

Cela prémunirait le gouvernement contre les accusations de biais à l'endroit de certains journalistes, a écrit Mme Boyd dans son rapport. Ce n'est pas parfait, mais il s'agit du meilleur compromis, selon elle.

Ces dispositions sont répandues dans plusieurs assemblées législatives provinciales et à la colline du Parlement, à Ottawa. C'était généralement le cas en Alberta aussi, mais une récente controverse a soulevé des questions sur les pratiques en vigueur.

Le mois dernier, le gouvernement néo-démocrate a refusé l'accès à une journaliste du site Internet «The Rebel», qui est géré par le commentateur politique Ezra Levant. L'événement auquel voulait assister la journaliste était une conférence de presse conjointe entre la première ministre albertaine Rachel Notley et son homologue fédéral, Justin Trudeau.

La journaliste a indiqué que les employés de sécurité lui avaient dit que le bureau de la première ministre avait placé «The Rebel» sur une «liste d'interdiction d'accès». Le porte-parole du gouvernement a rétorqué qu'une telle liste n'existait pas et que la personne avait été refusée parce qu'elle ne travaillait pas pour un organe de presse. Il a fait valoir que M. Levant n'était pas un journaliste, mais plutôt un commentateur.

Le gouvernement avait finalement reculé sur sa décision après que plusieurs plaintes eurent été formulées par le public et les médias.

Mme Boyd reconnaît que la tribune de la presse albertaine ne dispose pas d'assez de ressources pour passer au peigne fin chaque candidat. Mais le bureau du président de l'Assemblée législative pourrait prêter main-forte à la tribune, comme c'est le cas au Québec. À l'Assemblée nationale, la tribune de la presse sélectionne les candidats et recommande leur accréditation au président.

«Si on a une tribune de la presse forte et qu'elle veut conserver son intégrité, cela fonctionnerait avec le président. Cela fonctionne bien à Ottawa et à Québec», a-t-elle conclu.