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18/03/2016 04:27 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Israël: un an après les législatives, la coalition de Netanyahu perd du terrain (sondage)

La coalition de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu perdrait sa majorité ténue au Parlement si de nouvelles élections avaient lieu aujourd'hui, indique un sondage publié vendredi, un an après les dernières législatives.

Les différents partis formant l'actuelle coalition gouvernementale ne réuniraient plus que 57 sièges sur 120, au lieu de 61 actuellement, révèle cette enquête d'opinion pour les quotidiens Maariv et Jerusalem Post.

La coalition sur laquelle repose un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël est composée du parti de droite de M. Netanyahu (le Likoud), du parti nationaliste religieux Foyer juif, des partis ultra-orthodoxes Shass et Judaïsme unifié de la Torah, et du parti de centre droit Koulanou.

Elle avait été formée dans la douleur après les législatives du 17 mars 2015. Avec une seule voix de majorité, elle est à la merci de la moindre défection, mais elle a jusqu'alors démenti les augures qui ne donnaient pas cher de sa peau.

Le sondage de vendredi indique que M. Netanyahu, qui en est à son quatrième mandat de Premier ministre, n'est pas irremplaçable pour 46% des sondés; 41% pensent le contraire.

Mais aucun prétendant à sa succession ne se détache. Son principal concurrent est son ancien ministre laïc et libéral Yaïr Lapid, aujourd'hui dans l'opposition. Dans une confrontation purement théorique à deux, M. Lapid rallierait 36% des Israéliens, M. Netanyahu 47%.

Isaac Herzog, du parti travailliste, ne recueillerait que 25% de soutien et M. Netanyahu 56%.

Le principal bénéficiaire de nouvelles élections serait le parti centriste de Yaïr Lapid, Yesh Atid, qui passerait de 11 à 21 sièges. Le Likoud passerait de 30 à 26 et l'Union sioniste (alliance des travaillistes de M. Herzog et des centristes de Tzipi Livni) tomberait de 24 à 15 sièges.

Le sondage a été réalisé auprès de 511 personnes, avec une marge d'erreur de 4,3%.

Le gouvernement de M. Netanyahu est actuellement sous la pression d'une nouvelle vague de violences palestiniennes qui a coûté la vie à 196 Palestiniens, 28 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP.

La plupart des Palestiniens morts sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques.

Mais les remises en cause de la coalition les plus explicites viennent des ultra-orthodoxes. Ils brandissent la menace de la rupture sur des questions religieuses et des concessions faites selon eux à la minorité des juifs non-orthodoxes (observant un judaïsme moins traditionnel), comme la création d'un espace de prière mixte devant le mur des Lamentations ou la réglementation des bains rituels.

"Nous ne participerons pas à un gouvernement qui reconnaît le mouvement réformiste", a déclaré jeudi le ministre de la Santé et président de Judaïsme unifié de la Torah, Yaakov Litzman. Les analystes restent circonspects quant au sérieux de la menace.

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