NOUVELLES
18/03/2016 09:22 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Israël: enquête sur une ONG accusée de divulguer des secrets militaires

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a ordonné vendredi l'ouverture d'une enquête contre "Breaking the Silence", une ONG hostile à l'occupation des Territoires palestiniens soupçonnée d'avoir révélé des secrets militaires.

"Breaking the Silence" recueille des témoignages de soldats sur des exactions commises par des militaires en opération dans les Territoires palestiniens.

"J'ai donné comme instruction à l'armée d'ouvrir une enquête pour déterminer si des soldats démobilisés ont transmis des informations classifiées", a indiqué Moshé Yaalon sur son compte Twitter.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déjà annoncé jeudi que les accusations contre cette ONG allaient faire l'objet d'un examen.

"L'organisation Breaking the Silence a franchi une nouvelle ligne blanche", a affirmé le Premier ministre sur Twitter jeudi à la suite de la diffusion d'un reportage sur les activités de cette ONG par la chaîne de télévision privée "2".

Ce reportage a montré des militants de l'ONG recueillant les témoignages de soldats démobilisés et leur demandant des précisions sur leurs équipements militaires et les méthodes utilisées lors de leurs opérations.

Yuli Novak, dirigeant de "Breaking the Silence", a démenti que son organisation ait violé la loi.

"Je peux dire sans la moindre équivoque que Breaking the Silence ne collecte pas de renseignements classifiés", a-t-il assuré vendredi à la radio publique. "Il s'agit d'une tentative d'intimidation visant à faire taire tous ceux qui critiquent le gouvernement".

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, membre du Foyer Juif, un parti religieux nationaliste favorable à la colonisation des Territoires palestiniens, a dénoncé l'ONG.

"Le fait qu'une organisation prenne la responsabilité de collecter des renseignements tactiques sur différentes unités militaires doit être considéré avec la plus extrême gravité", a affirmé la ministre dans un communiqué.

"Ceux qui recueillent ce genre d'informations tentent de nuire à leur pays en recourant à des moyens illicites et d'une manière qui rappelle des activités d'espionnage", a-t-elle ajouté.

Le quotidien Haaretz a précisé que les scènes diffusées par la "2" avaient été filmées en caméra cachée par un activiste du groupe de droite nationaliste "Ad Kan", qui implante des taupes au sein des organisations de gauche.

En janvier, "Ad Kan" avait réussi à filmer un militant opposé à la colonisation affirmant qu'il avait parlé à l'Autorité palestinienne de ventes clandestines de terres de Palestiniens à des Israéliens, un délit passible de la peine de mort, bien que celle-ci ne soit pratiquement jamais appliquée par la Justice palestinienne.

Le mois dernier, cinq ONG, dont "Breaking the Silence" ont condamné les tentatives de présenter leurs dirigeants comme des agents étrangers en soulignant que de telles accusations se sont traduites par des harcèlements et même des menaces de mort.

Au début de l'année, le Parlement israélien a voté en première lecture un projet de loi controversé qui vise à contraindre les ONG à révéler leur financement par des gouvernements étrangers.

Le texte soutenu par le gouvernement relève selon ses détracteurs de la chasse aux sorcières contre les organisations hostiles à la colonisation des territoires palestiniens et militant pour la défense des droits de l'Homme.

scw/jlr/cmk

TWITTER