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18/03/2016 03:43 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Irak: début d'un sit-in des partisans du chef chiite Sadr, malgré son interdiction

Des milliers de partisans de l'influent chef chiite irakien Moqtada Sadr ont débuté vendredi un sit-in dans le centre sécurisé de Bagdad baptisé "zone verte" pour réclamer des réformes, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

Malgré d'importantes mesures de sécurité, les manifestants, dont la plupart étaient vêtus de noir et arboraient des drapeaux irakiens, ont débuté "une manifestation à durée illimitée".

"Les sit-in ont débuté face aux portes de la zone verte, comme un message aux personnes corrompues qui vivent là-bas", a déclaré à l'AFP un responsable local du mouvement de M. Sadr, Ibrahim al-Jaberi.

M. Sadr a appelé ses soutiens à camper devant la zone verte où se concentrent les hautes institutions du pays et de nombreuses ambassades jusqu'à ce que ses revendications soient entendues.

Il demande notamment au Premier ministre Haider al-Abadi de présenter un gouvernement de technocrates capable de mettre en oeuvre les réformes annoncées en 2015 mais restées en grande partie lettre morte.

"Le sit-in est à durée indéfinie", a déclaré M. Jaberi, tandis que les partisans de M. Sadr déployaient des draps et des couvertures dans la rue.

Le mouvement entend notamment protester contre la décision du gouvernement d'interdire ce rassemblement.

Jeudi, M. Sadr avait annoncé dans un communiqué que son mouvement ignorerait cette interdiction, appelant toutefois ses partisans à ne pas faire usage de la violence face aux forces de sécurité.

L'influent chef chiite contrôle une importante force paramilitaire, "Saraya al-Salam", qui avait déployé des hommes armés lors d'une précédente manifestation à Bagdad, soulevant l'inquiétude des autorités.

Par précaution, les forces de sécurité irakiennes ont fermé les issues de Bagdad, deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe avec quelque huit millions d'habitants.

"Toutes les entrées de Bagdad ont été bloquées. Certains ponts et des rues sont également fermés, en particulier ceux menant à la zone verte", a indiqué un colonel de police.

"Nous resterons pendant des jours, des semaines ou des mois s'il le faut, jusqu'à ce que le gouvernement mette en place des réformes et renvoie tous les politiciens corrompus", a lancé Muntadher Kadhem, 25 ans, étudiant en histoire.

Moqtada Sadr, considéré comme un nationaliste et descendant d'une influente famille religieuse, tente de redonner du souffle à cette volonté de réforme quitte à la reprendre à son compte, bien que des responsables de sa formation soient eux-mêmes accusés de corruption.

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