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18/03/2016 12:00 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Grèce: un ministre qualifie Idomeni "de Dachau des temps modernes"

Le ministre grec de l'Intérieur Panagiotis Kouroublis a qualifié vendredi le camp de réfugiés d'Idomeni, à la frontière avec la Macédoine, "de Dachau des temps modernes", et dénoncé la fermeture des frontières.

"Je n'hésite pas à dire que (Idomeni) est le Dachau des temps modernes, le résultat de la logique des frontières fermées", a lancé le ministre lors d'une visite à ce camp. Au moins 12.000 réfugiés dont de nombreuses familles s'entassent depuis des jours, dans des conditions sordides, dans ce camp et ses alentours.

Dachau, près de Munich, a été le premier camp de concentration ouvert à l'époque nazie.

Les critiques de M. Kouroublis interviennent alors que les dirigeants des 28 pays de l'UE tentent à Bruxelles de convaincre la Turquie d'endiguer le flux des migrants et réfugiés en Europe, où ils entrent par la Grèce.

"Quiconque visite ce camp prend des coups à l'estomac", a-t-il déploré devant les médias. Il s'est engagé à renforcer les moyens policiers et médicaux sur place.

L'ONG "Safe passage stop wars" a déployé vendredi matin pour quelques minutes une banderole sur le rocher du monument de l'Acropole d'Athènes, où était inscrit "Open the borders" (Ouvrez les frontières, ndlr), appelant l'UE à ouvrir les frontières.

Selon le gouvernement, plus de 46.000 réfugiés et migrants sont bloqués en Grèce, dont un quart à Idomeni, en raison de la fermeture il y a deux semaines de la frontière par la Macédoine, premier pays sur la route des Balkans empruntée jusqu'ici par les réfugiés à destination des pays de l'Europe du Nord.

Les pluies quotidiennes ont transformé le camp d'Idomeni en bourbier. Des milliers de réfugiés n'ont d'autre abri que leurs tentes plantées dans des champs inondés, le principal camp installé par des ONG étant débordé.

Des dizaines de réfugiés, surtout des enfants, souffrent de fièvre. 2.000 vaccins contre l'hépatite ont été offerts par une ONG après que deux cas de cette maladie aient été enregistrés à Idomeni et au port du Pirée près d'Athènes, où 4.000 personnes sont également entassées dans un camp improvisé.

Pour éviter ces conditions misérables, de nombreux réfugiés ont commencé ces derniers jours à quitter Idomeni et à accepter d'être conduits dans des centres d'accueil ou des hôtels à travers la Grèce.

Une rixe entre Syriens et Afghans, que des incidents récurrents opposent, a à nouveau eu lieu au terminal du Pirée vendredi après-midi au cours de laquelle un réfugié a été blessé légèrement et hospitalisé pour "des raisons préventives", a indiqué la police portuaire, qui a dû intervenir pour "mettre sous contrôle" la situation.

La nationalité du blessé et les causes de cette rixe n'ont pas été précisées pour l'instant par les autorités.

Jeudi soir, des Syriens et Afghans s'étaient également disputés au Pirée lors d'une distribution de nourriture par une organisation, selon un photographe de l'AFP.

bur-hec/gl