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18/03/2016 02:17 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Grèce/Aube dorée: le meurtrier présumé du rappeur antifasciste libéré et assigné à résidence

Le meurtrier présumé d'un rappeur antifasciste à Athènes en 2013, dont le geste a déclenché une vaste enquête sur les agissements du parti néo-nazi Aube dorée en Grèce, a été libéré vendredi pour des raisons de procédure et assigné à résidence, a-t-on appris de source judiciaire.

Giorgos Roupakias, un chauffeur de camion à la retraite, a été conduit à son domicile au Pirée sous forte escorte policière et y restera en résidence surveillée, a ajouté cette source. Il a en effet passé 30 mois en détention provisoire, le maximum légal en Grèce.

M. Roupakias, dont Aube dorée assure qu'il n'en est pas membre mais dont la presse a publié à plusieurs reprises des photos le montrant portant le tee-shirt noir du parti, a reconnu avoir poignardé en septembre 2013 Pavlos Fyssas dans une banlieue d'Athènes, à la sortie d'un bar.

Ce meurtre avait provoqué une vive réprobation, y compris à l'extérieur du pays, et Aube dorée, dont les excès et les violences, notamment à l'égard d'immigrés, étaient pendant des années restés largement impunis, avait alors été la cible d'une vaste enquête, qui a abouti à l'inculpation et à l'emprisonnement provisoire de la plupart de sa direction, dont le chef Nikos Michaloliakos, et de ses 17 autres députés.

Ils font partie des 69 personnes jugées depuis avril pour appartenance à une organisation criminelle.

Nikos Michaloliakos a admis une responsabilité politique dans le meurtre de M. Fyssas, mais a rejeté toute responsabilité criminelle, estimant "répréhensible" l'acte de Giorgos Roupakias.

L'enquête a cependant montré de nombreux coups de téléphone entre M. Roupakias ou des proches, et des membres importants d'Aube dorée, avant et après les faits.

Malgré sa bien moindre exposition médiatique depuis le déclenchement de l'enquête, Aube dorée a réussi à maintenir son score et ses 18 députés entre les élections législatives de juin 2012 (6,92% des voix) et celles de septembre 2015 (6,99%).

C'est le troisième parti du pays derrière Syriza (gauche) du Premier ministre Alexis Tsipras et Nouvelle démocratie (droite conservatrice).

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