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18/03/2016 08:39 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Financement politique : Couillard refuse « la culpabilité par association »

« On va de l'avant », insiste Philippe Couillard, qui refuse que l'on associe le parti qu'il dirige à celui de Jean Charest, dont l'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau fait face à sept chefs d'accusation criminels en lien avec du financement politique illégal.

Le premier ministre libéral refuse de blâmer son ancienne collègue et refuse tout aussi de faire de la « culpabilité par association » pour les membres de son caucus qui ont siégé avec elle au conseil des ministres sous Jean Charest.

Dans le cas précis de Mme Normandeau, le premier ministre refuse tout simplement de commenter. « Le processus va suivre son cours », a-t-il indiqué, en marge d'une annonce à saveur économique.

M. Couillard refuse de condamner sans détour les anciennes pratiques financières de son parti, notamment les pressions exercées, à l'époque de Jean Charest, sur les ministres, pour qu'ils amassent 100 000 $ par année pour les coffres du PLQ, comme il avait été dévoilé à la commission Charbonneau.

Bien que l'ancien président et député du PLQ, Robert Benoît, continue de dénoncer la culture du financement politique instaurée par Jean Charest, M. Couillard continue de traiter le cas de Mme Normandeau comme un incident isolé.

Selon M. Benoît, qui s'exprimait sur les ondes de Radio-Canada, cette culture du financement politique a pu conduire au dérapage qui a mené à l'arrestation de Mme Normandeau.

« Les gens qui sont en politique sont là pour le bien commun, pour rendre service à la société pendant une partie de leur carrière pour laquelle ils décident de se consacrer au service public », a insisté le premier ministre Couillard.

Une époque révolue

« J'ai déjà parlé du 100 000 $ à l'époque, mais outre ça, ce qui change la politique pour le mieux, c'est que le financement est maintenant populaire, 100 $ maximum » par citoyen, a rappelé le chef du PLQ.

M. Couillard soutient que la culture de financement politique qui existait sous Jean Charest a pris fin avec la législation adoptée sous le bref règne du Parti québécois de 2014.

« C'est le mode de financement même qui devait être réformé », a précisé M. Couillard. « Ça nous permet de passer beaucoup plus de temps avec nos militants pour parler d'idées et de projet pour le Québec. C'est à ça que ça sert un parti politique. »

De son côté, le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, est renversé par l'ampleur du scandale. Il souligne que c'est une première historique qu'une ancienne vice-première ministre soit accusée de fraude, de complot et de corruption, notamment.

Quant au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, il estime que M. Couillard doit des excuses au Québécois à titre de chef du PLQ. Il somme également le premier ministre de placer de l'argent de son parti en fiducie afin de rembourser toute éventuelle somme d'argent amassée illégalement.