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18/03/2016 13:01 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Dopage: l'inventeur letton du meldonium défend son médicament

L'inventeur letton du meldonium, le médicament à l'origine du scandale de dopage qui a éclaté après les révélations de Maria Sharapova, a défendu vendredi son médicament et a remis en question son inscription sur la liste des substances interdites dans le sport.

Selon Ivars Kalvins (68 ans), membre de l'Institut de synthèse organique, le meldonium est le "médicament cardiovasculaire le plus sûr dans le monde".

Mis au point dans les années 1970 en ex-URSS, dont la Lettonie faisait partie, le meldonium, connu aussi sous le nom de mildronate, est un médicament protecteur des cellules cardiaques. Il est supposé améliorer la résistance à l'effort.

"Rien ne prouve que le mildronate répond aux critères nécessaires pour inclure un médicament sur la liste des substances interdites. Ce médicament a 32 ans et sa sécurité est évidente", a déclaré M. Kalvins à l'AFP vendredi.

"Personne n'a démontré que c'était un améliorateur de performances (...) C'est très sérieux d'inclure un médicament sur la liste de substances interdites. S'ils veulent dire que c'est un améliorateur, il devrait y avoir une preuve clinique, mais ça n'existe pas", a-t-il insisté.

"La raison (de l'interdiction), ce sont les Jeux olympiques qui approchent. Certains athlètes doivent être exclus de la compétition", a dit le scientifique, qui estime que l'interdiction de son médicament a été décidée par l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour se débarrasser des athlètes russes.

Le meldonium est apparu sur le devant de la scène début mars, quand Maria Sharapova a révélé avoir été contrôlée positive à cette substance en janvier, durant l'Open d'Australie. L'ancienne N.1 mondiale russe avait assuré avoir suivi le traitement prescrit par son médecin et pris des doses minimales du médicament.

L'AMA a depuis indiqué que 99 contrôles positifs au meldonium ont été rapportés depuis le 1er janvier, date à laquelle ce médicament a été ajouté à la liste des produits dopants. La Suédoise Abeba Aregawi, championne du monde 2013 du 1500 m, et la Russe Yulia Efimova, championne du monde en titre du 100 m brasse, sont notamment concernées.

Selon le chercheur letton, le médicament, qui n'est pas accessible en Europe occidentale, est aussi fabriqué en Chine.

"On peut le lire dans leurs publications sur des tests dans des hôpitaux militaires chinois... Ils m'ont dit qu'on l'utilisait dans l'armée", a-t-il assuré.

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