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18/03/2016 08:49 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Croatie: démission de la présidente du Conseil audiovisuel en raison de "pressions" politiques

La présidente du Conseil audiovisuel croate, principale institution de régulation des médias numériques, a démissionné vendredi, en dénonçant les "pressions" politiques du nouveau gouvernement conservateur de ce pays membre de l'Union européenne.

Mirjana Rakic s'était retrouvée dans la ligne de mire des conservateurs, au pouvoir depuis deux mois, lorsque l'institution qu'elle dirigeait avait interdit provisoirement d'antenne, fin janvier, une chaîne de télévision locale en raison de son discours antiserbe.

"Toutes les pressions étaient concentrées sur moi depuis le début, a déclaré à la presse Mme Rakic, soulignant qu'elle "n'en pouvait plus, en tant que professionnelle et personne qui a son intégrité".

Début mars, le gouvernement a fait une évaluation négative d'un rapport annuel sur le fonctionnement du Conseil audiovisuel et a demandé au Parlement de limoger tous ses membres.

Entretemps, le Parlement a licencié le directeur du service public de radiotélévision (HRT) et nommé son successeur qui a, à son tour, licencié une vingtaine de rédacteurs en chef.

Le nouveau gouvernement a par ailleurs supprimé les subventions à certains médias à but non lucratif.

Cette série de mesures à l'égard des médias du pays a été dénoncée par l'opposition, l'Association nationale des journalistes, ainsi que par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui ont mis en garde contre des entraves à la liberté de la presse.

La représentante de l'OSCE pour la liberté de la presse, Dunja Mijatovic, a exhorté les autorités à "prendre des mesures immédiates pour inverser cette tendance".

La FIJ a, pour sa part, appelé la présidente croate Kolinda Grabar Kitarovic et le Premier ministre Tihomir Oreskovic à "arrêter la mise au silence non-démocratique des journalistes et des médias libres".

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