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18/03/2016 04:01 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Crise des migrants: l'Union européenne et la Turquie se seraient entendues

BRUXELLES — L'Union européenne et la Turquie devraient confirmer au cours des prochaines heures qu'elles se sont entendues sur la stratégie à adopter pour affronter la pire crise de migrants à frapper l'Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Les leaders européens et le premier ministre turc Ahmet Davutoglu étaient réunis vendredi à Bruxelles pour peaufiner les détails de l'accord.

Une ébauche remise à l'Associated Press par un responsable européen révèle toutefois que tous les migrants qui arrivent en Grèce depuis la Turquie après la signature de l'entente, qui ne présentent pas de demande d'asile politique ou dont les applications sont jugées inadmissibles seront renvoyés. L'UE défraiera les coûts de transport.

Les migrants qui se trouvent déjà sur les îles grecques seront transférés vers des centres de réception sur le continent. L'emphase est mise sur les renvois individuels, en raison de problèmes juridiques et pour calmer les craintes de déportations massives.

Pour chaque Syrien qui sera renvoyé en Turquie, un réfugié syrien qui se trouve déjà en Turquie sera accueilli en Europe. Cette portion volontaire de l'accord signifie que 72 000 Syriens arriveraient en Europe. Aucune mesure n'est prévue pour les autre nationalités. L'agence onusienne des réfugiés superviserait la réinstallation, avec l'aide d'experts européens.

La Turquie s'engage à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les migrants de rejoindre l'Europe.

L'entente comprend plusieurs mesures favorables à la Turquie. Elle prévoit ainsi une accélération du relâchement des règles de visas à l'intention des Turcs qui veulent visiter l'Europe, dans le but d'abolir ces exigences d'ici la fin juin. La Turquie aura un rôle à jouer pour atteindre cet objectif.

L'Union européenne accélérera aussi le versement de trois milliards d'euros pour aider les réfugiés syriens en Turquie. Si cet argent est dépensé correctement, l'UE est prête à verser trois milliards d'euros de plus, toujours pour venir en aide aux réfugiés syriens.

L'UE et la Turquie relanceront aussi dès que possible les pourparlers concernant l'adhésion d'Ankara au bloc européen.

L'UE a enfin promis de collaborer avec la Turquie à toute initiative commune pour améliorer la situation humanitaire en Syrie, d'où sont originaires la plupart des réfugiés. La Turquie a souvent demandé l'aide de l'UE pour établir des zones sécuritaires en Syrie.