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18/03/2016 13:26 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Colombie: le phénomène d'El Niño fait des ravages dans les marais

Marais réduits à des flaques d'eau putrides, pénurie de poissons, bétail privé de pâturages et récoltes perdues faute de pluies: le phénomène climatique d'El Niño fait des ravages dans les zones humides du nord de la Colombie.

A San Marcos, dans le département de Sucre, la terre est craquelée en raison de la sévère sécheresse qui frappe cette région depuis plusieurs mois. Un canoé est échoué au milieu d'un marécage asséché et des cadavres de vaches gisent dans la vallée entre les rivières de San Jorge et de Cauca, a constaté un collaborateur de l'AFP.

"Nous vivons de l'eau. Mais le San Jorge n'a plus que deux mètres de profondeur, il a trop baissé et il n'alimente plus le marais", a déclaré à l'AFP Islan Gil, membre de la Corporation afro-colombienne du San Jorge (Corpoafrosan), qui lutte pour le développement de la population locale.

M. Gil explique que la situation s'est aggravée faute de pluies suffisantes en octobre et novembre pour maintenir le niveau d'eau des marais de La Mojana et leur écosytème, ainsi que celui des rizières.

"La situation est grave", souligne-t-il. "Les terres ont été labourées, mais il n'y a pas de semences. Il n'y a pas de poisson et nous n'avons presque pas de lait parce que les vaches ne produisent rien, faute de pâturage", déplore-t-il, précisant en outre qu'il n'y a plus que trois ou quatre pêcheurs en activité dans le marécage contre dix fois plus avant la sécheresse.

La Colombie est affectée depuis octobre par le phénomène d'El Niño, aggravé selon des experts par le changement climatique, et qui se traduit par une forte diminution des précipitations ainsi qu'une augmentation sensible des températures.

L'Institut d'hydrologie, de météorologie et des études environnementales (IDEAM) prévoit une prolongation de la pénurie de précipitations en avril et mai, notamment dans les régions andine et caribéenne, avec un déficit proche des 40%.

Les températures prévues sont supérieures de deux à cinq degrés aux moyennes habituelles, ce qui augmente en outre le risque d'incendies.

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