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18/03/2016 10:55 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Colombie: 10 ans de prison pour un ex député lié aux paramilitaires

La Cour suprême colombienne a condamné un ancien député proche de l'ex président Alvaro Uribe à 10 ans de prison pour ses liens avec les paramilitaires d'extrême droite, peine la plus grave prononcée à ce jour dans ce type d'affaire.

"Luis Fernando Almario, ex parlementaire de la majorité pendant le second gouvernement d'Alvaro Uribe (2006-2010) a été condamné à 120 mois de prison et à une amende équivalant à 11.000 salaires minimum (environ 2,4 millions de dollars) comme responsable de délits concertés pour promouvoir des groupes armés en marge de la loi", a précisé la Cour dans un communiqué daté de jeudi et publié vendredi.

Selon la Cour "l'alliance de l'ex député avec le Bloc Caqueta des milices d'Autodéfense paysannes de Cordoba et Uraba (nord-ouest) et du Front Sud Andaquies du Bloc Central Bolivar (nord), quand ces organisations armées illégales étaient présentes dans la région de Caqueta (sud-ouest) dans les années 2001 à 2006, a été prouvée".

A ce jour, la peine la plus grave dans ce type d'affaire avait été prononcée en 2013 contre l'ex gouverneur du département de Santander (nord-est), Hugo Aguilar, condamné à neuf ans de prison par la Cour suprême selon laquelle il devait son mandat à son soutien aux milices d'Autodéfense unies de Colombie (AUC), principal groupe paramilitaire.

En octobre dernier, le procureur chargé du contrôle des fonctions publiques avait destitué Luis Fernando Almario, en prison préventive depuis juillet 2012, et l'avait déclaré inapte à tout mandat pendant 18 ans "pour soutien et collaboration avec des groupes paramilitaires".

Les liens de personnalités politiques colombiennes avec les paramilitaires ont commencé à être dénoncés à partir de 2006, suite à la démobilisation négociée par le gouvernement d'Alvaro Uribe de quelques 32.000 hommes des milices d'extrême droite armées dans les années 1980 pour lutter contre les guérillas d'extrême gauche, mais impliquées également dans le trafic de drogue et des massacres de civils.

Au moins une cinquantaine de responsables politiques ont été condamnés à ce jour dans ce qui est appelé en Colombie le "scandale de la parapolitique".

La complexe guerre interne, qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle, impliquant guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, sur fond de violences des narcotrafiquants, a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,6 millions de déplacés.

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