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18/03/2016 06:11 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Burundi: le co-facilitateur tanzanien rencontre le président Nkurunziza

L'ancien président tanzanien et co-facilitateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa, en tournée dans la région pour tenter de relancer un dialogue interburundais, a rencontré le président Pierre Nkurunziza à Bujumbura vendredi, a-t-on appris auprès de la présidence burundaise.

M. Mkapa est arrivé à Bujumbura vendredi matin, après une étape en Ouganda où il a rencontré le président Yoweri Museveni mercredi, puis un passage par Kigali où il s'est entretenu avec le président rwandais Paul Kagame jeudi.

"Le président Nkurunziza vient de recevoir le co-facilitateur venu pour s'imprégner des réalités du terrain (...) Ils ont évoqué le dialogue interburundais en cours, ainsi que la question des relations entre le Rwanda et le Burundi", a annoncé à l'AFP le porte-parole adjoint du président burundais, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, à l'issue de leur tête-à-tête.

M. Mkapa, 77 ans, a été président de Tanzanie de 1995 à 2005, en pleine guerre civile au Burundi. Son pays, qui a compté jusqu'à un million de réfugiés burundais, a également abrité les négociations qui ont abouti à la signature d'un accord de paix signé en 2000 à Arusha (Tanzanie), lequel a ouvert la voie à la fin de ce conflit.

Il a été nommé facilitateur dans la crise burundaise par les chefs d'Etat de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) début mars, pour favoriser la reprise du dialogue entre le pouvoir burundais et son opposition, et soulager le président ougandais, Yoweri Museveni, qui continue officiellement à être le principal médiateur dans cette crise.

"Le président Nkurunziza a réitéré l'engagement du gouvernement pour un dialogue inclusif (...), mais qui ne remet pas en cause la souveraineté du Burundi et du peuple qui s'est exprimé par la voie des urnes", a déclaré M. Karerwa.

"Il s'est également inscrit en faux contre tout pays ou organisation qui chercherait à imposer des interlocuteurs qui ne répondent pas à la résolution 2248 de l'ONU", qui exclut "les acteurs non pacifiques", a-t-il ajouté.

Le dialogue interburundais est en panne en raison du refus du pouvoir de s'asseoir à la même table que l'ensemble de son opposition, presque entièrement regroupée au sein d'un conseil, le Cnared, qu'il accuse d'être derrière la tentative de putsch de mai 2015 et les violences actuelles.

"Le co-facilitateur a dit qu'il n'a pas encore fixé de date pour la reprise du dialogue extérieur pour le moment, car il doit d'abord aller analyser tous les éléments qu'il vient de recueillir", a assuré le porte-parole adjoint du président Nkurunziza.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha, qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

Les violences ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 250.000 personnes à quitter le pays.

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