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18/03/2016 13:21 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Burundi: l'ONU exhorte Bujumbura à continuer de libérer des détenus

L'ONU a exhorté vendredi le gouvernement burundais à continuer de libérer des détenus politiques et a dénoncé la poursuite de graves violations des droits de l'homme dans le pays.

La libération conditionnelle cette semaine de 47 personnes arrêtées il y a près d'un an "montre que certains efforts sont faits pour restaurer l'Etat de droit", a estimé Zeid Ra'ad al Hussein, haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, devant le Conseil de sécurité.

Ces 47 détenus figuraient sur une liste de 125 personnes "à libérer immédiatement" qui avait été transmise par l'ONU à Bujumbura.

Le haut commissaire a réclamé "avec fermeté" la libération des autres personnes de cette liste, "particulièrement les prisonniers politiques".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rappelé lors du même débat que le gouvernement avait promis de libérer au total quelque 2.000 prisonniers.

"Nous attendons que cet engagement soit entièrement tenu et nous espérons que de nouvelles mesures soient prises dans le même sens, dont la libération de tous les prisonniers politiques et la fin des restrictions sur les médias et les organisations de la société civile", a-t-il affirmé.

M. Zeid a aussi estimé "encourageant" l'autorisation d'émettre donnée à une radio indépendante, même si "c'est insuffisant pour assurer la liberté d'expression et d'information".

"De graves violations de droits de l'homme continuent d'être commises", a-t-il affirmé, citant "disparitions, arrestations arbitraires, exécutions extra-judiciaires et tortures" ainsi que, depuis début janvier, une hausse des signalements de "tortures et mauvais traitements de prisonniers".

Lors d'une récente visite dans des centres de détention à Bujumbura, les experts de l'ONU ont constaté "que près de la moitié des détenus ont été torturés ou gravement maltraités".

"Ces exactions persistantes et l'impunité dont bénéficient les responsables font que beaucoup de Burundais vivent dans la terreur", a-t-il conclu.

L'ambassadeur français François Delattre, qui avait demandé cette réunion, a indiqué à la presse que la France allait proposer un nouveau projet de résolution du Conseil.

Il s'agit, selon lui, de "renforcer l'engagement et la présence internationale au Burundi pour réduire les violences, de promouvoir un dialogue interburundais inclusif et de faire respecter les droits de l'homme".

La France avait tenté en vain le mois dernier de faire adopter une déclaration du Conseil, se heurtant d'emblée aux réticences et à l'enlisement des discussions. Le projet de texte suggérait d'envoyer au Burundi des policiers de l'ONU afin de tenter d'y ramener le calme.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, obtenu en juillet.

Les violences ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 250.000 personnes hors du pays.

avz/elm