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18/03/2016 10:41 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Algérie: attaque à la roquette contre un site gazier

Des islamistes armés ont attaqué vendredi à la roquette un site gazier exploité par des firmes étrangères dans le sud de l'Algérie sans faire de victime, trois ans après une prise d'otages meurtrière sur un autre complexe gazier.

L'attaque, qui n'a pas été immédiatement revendiquée, a visé le site de Khrechba près de la région d'In Salah, à 1.300 km au sud d'Alger, selon des employés et les compagnies qui l'exploitent, l'Algérien Sonatrach, le Britannique BP et le Norvégien Statoil.

Le ministère algérien de la Défense a indiqué que "deux obus de fabrication artisanale sont tombés, vendredi matin, près du poste de contrôle d'un site de la Sonatrach à Khrechba (...) sans causer de perte humaine ou matérielle".

"Cette tentative d'attentat terroriste" a été mise en échec par l'intervention du détachement de l'armée en charge de la protection du site, a précisé le ministère dans un communiqué.

Selon l'agence officielle APS, les obus ont été tirés par deux "terroristes", terme désignant généralement les membres de groupes armés islamistes.

L'un des employés du site joint par l'AFP au téléphone, a précisé "qu'un groupe terroriste a attaqué vers 06H00 du matin à la roquette le site gazier à Khrechba", dans le Sahara algérien.

Le site, qui comprend deux bases de vie et un centre de production, est protégé par une clôture de sécurité le long de laquelle des militaires sont postés en permanence, a-t-il dit sous le couvert de l'anonymat.

"Les obus semblent avoir été tirés de loin" et l'armée est aussitôt intervenue, a-t-il poursuivi.

Dans un communiqué, la compagnie Statoil a elle aussi évoqué des "projectiles tirés de loin", en affirmant que ses trois employés étaient "sains et saufs".

"Notre première priorité est la sécurité de notre personnel (...) Nous sommes en contact avec nos partenaires et nous cherchons à assurer la sécurité des personnes" sur place, a de son côté indiqué BP, qui a dit dans un communiqué avoir été informé d'une attaque à la roquette qui n'a pas fait de victime.

- Appel à la 'vigilance' -

Cette attaque intervient trois ans après celle contre le complexe gazier d'In Amenas, également dans le Sud.

Le 16 janvier 2013, un groupe de 32 islamistes, venus du Mali, avait pris en otage des centaines d'employés du complexe gazier de Tiguentourine, à 40 km d'In Amenas. Les forces spéciales avaient lancé trois jours plus tard un assaut pour les libérer. Au total, 40 employés de dix nationalités ont été tués ainsi que 29 assaillants.

Une organisation islamiste proche d'Al-Qaïda, les "Signataires par le sang", avait revendiqué l'attaque lancée selon le groupe en représailles à l'intervention militaire française au Mali.

Depuis, les autorités algériennes ont chargé des agents de sécurité de protéger les sites économiques gérés par des étrangers.

Le patron de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, a appelé le 13 mars, lors d'une visite dans le sud algérien, à une vigilance accrue face à la "dégradation inédite" de la situation sécuritaire dans la région.

Le sud-est de l'Algérie est frontalier de la Libye, pays en proie au chaos où sévit notamment le groupe Etat islamique (EI).

Le nord-est algérien est lui frontalier de la Tunisie, qui a été frappée en 2015 par trois attentats meurtriers spectaculaires revendiqués par l'EI et le 7 mars par des attaques jihadistes d'une ampleur sans précédent à Ben Guerdane, ville proche de la Libye.

Alger a déployé des milliers de militaires le long de la frontière avec ces deux pays pour parer à d'éventuelles infiltrations de jihadistes, selon la presse locale.

La semaine dernière, l'armée avait annoncé avoir tué trois islamistes armés non loin de la frontière tunisienne et saisi six systèmes de missiles anti-aériens Stinger.

L'Algérie est membre de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et l'un des principaux exportateurs de gaz au monde. Elle tire des hydrocarbures plus de 95% de ses recettes extérieures. Ses réserves de gaz seraient de 16 milliards de m3 de gaz conventionnel et de 20 milliards de m3 de gaz non-conventionnel, d'après Sonatrach.

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