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18/03/2016 03:54 EDT | Actualisé 19/03/2017 01:12 EDT

Afrique du Sud: l'empire Gupta, accusé d'interférence politique, dénonce un "disours xénophobe"

Les frères Gupta, d'origine indienne, accusés de corrompre le président sud-africain Jacob Zuma ont dénoncé vendredi "le discours xénophobe et de haine" dont ils sont victimes selon eux.

L'empire des Gupta, grande famille très proche de Jacob Zuma, est accusé par plusieurs membres du Congrès national africain (ANC) d'aller jusqu'à intervenir pour l'attribution de postes ministériels.

Ces révélations surviennent alors que le président Zuma est éclaboussé par plusieurs scandales de corruption, sur fond de désillusion grandissante de la population vis-à-vis des promesses faites par l'ANC, au pouvoir depuis la fin officielle du régime ségrégationniste d'apartheid en 1994.

"Alors que le ralentissement de la croissance économique se fait sentir, la famille est devenue le bouc émissaire de toutes les calamités et malheurs de l'Afrique du Sud", affirment les Gupta dans une double page couleur publiée dans leur quotidien New Age.

"Nous avons gardé le silence jusqu'à présent mais compte tenu du récent discours xénophone et de haine dont nous sommes victimes, il est désormais important de remettre les pendules à l'heure", poursuivent-ils.

"Notre interaction avec l'actuel président a débuté en 2000, soit bien avant qu'il ne devienne président" en 2009, ajoutent-ils. "Il est absurde de suggérer que nos affaires bénéficient du gouvernement quand moins d'1% de nos activités se font avec le gouvernement sud-africain."

Le communiqué fait la liste des activités des Gupta dans les mines, l'ingénierie, les technologies, les médias et l'immobilier. Il précise que l'empire, qui a débuté en 1993, emploie 5.000 personnes.

"Notre position reste la même: on veut bien faire face aux conséquences de nos éventuels méfaits, mais il est difficile cependant d'avoir à faire à une campagne de diffamation".

Le communiqué a été publié deux jours après les révélations du ministre adjoint des Finances Mcebisi Jonas, qui a affirmé s'être vu proposer l'an dernier par les Gupta le poste clé des Finances. Ce dernier a précisé avoir rejeté la proposition, mais une membre de l'ANC a aussi affirmé avoir été approchée par les Gupta pour un autre poste ministériel.

Les révélations de Mcebisi Jonas semblent avoir mis en lumière une scission majeure au sein de l'ANC, où s'affrontent les pro-Zuma et les réformistes menés par le ministre des Finances Pravin Gordhan.

L'ANC débute ce vendredi une réunion de trois jours de son comité national exécutif, qui devrait être largement dominé par la controverse sur les Gupta.

L'ANC reste la principale force politique en Afrique du Sud. Mais l'opposition compte profiter des déboires du président pour marquer des points lors des élections locales cette année, alors que la colère gronde devant le manque de promotion des personnes de couleur et les difficultés économiques du pays, où le chômage dépasse les 25%.

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