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17/03/2016 13:00 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Washington salue la volonté de Ryad de cesser les opérations majeures au Yémen

Les Etats-Unis ont salué jeudi l'intention de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite de cesser les opérations militaires majeures au Yémen, pays en proie à la guerre ou des raids aériens de cette alliance ont tué 119 personnes sur un marché.

En appui au pouvoir yéménite, l'Arabie saoudite et d'autres pays arabes sunnites ont lancé le 26 mars 2015 au Yémen une campagne militaire contre les rebelles chiites Houthis pro-iraniens qui s'étaient emparés en 2014 de vastes régions du pays dont la capitale Sanaa.

Mais cette campagne n'a toujours pas permis aux forces progouvernementales de reprendre tous les territoires perdus, alors que la guerre a fait plus de 6.000 morts dont la moitié des civils et provoqué une grave crise humanitaire.

"Nous avons exprimé nos inquiétudes face aux pertes de vies humaines innocentes au Yémen", a souligné le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

"Nous saluerions et nous saluons la déclaration du porte-parole saoudien qui a indiqué que l'essentiel des opérations (militaires) au Yémen touchaient à leur fin et que la coalition va travailler à 'un plan sur le long terme' pour apporter de la stabilité au pays", a-t-il ajouté.

Mercredi, le porte-parole de cette coalition, le général de brigade saoudien Ahmed al-Assiri a déclaré à l'AFP: "Nous nous trouvons aujourd'hui à la fin de la phase des combats majeurs".

Il a ajouté que les prochaines étapes seraient la stabilisation sur le plan sécuritaire puis la reconstruction du pays dévasté par les combats. Mais il a insisté sur le fait que Ryad n'abandonnerait pas le Yémen voisin.

- 'Violation extrêmement horrible' -

En février, le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a noté que des "divisions profondes" entre les protagonistes du conflit empêchaient encore la tenue de négociations de paix.

Le responsable militaire saoudien s'exprimait au lendemain de frappes aériennes de la coalition qui ont tué au moins 119 personnes dont 22 sur un marché du nord du Yémen, selon l'ONU, l'un des bilans les plus lourds dans le conflit.

Il y a eu "au moins 119 morts et 47 blessés" dans les frappes qui ont touché mardi le marché de Khamis dans la région de Mastaba contrôlée par les Houthis, a déclaré Meritxell Relano, l'adjoint du représentant au Yémen du fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef), dans un communiqué.

"Nous déplorons avec force l'attaque meurtrière à Khamis", a-t-il ajouté. "Il s'agit d'une violation extrêmement horrible et grave du droit international humanitaire", a-t-il ajouté en plaidant pour que "les enfants soient tenus à l'écart du conflit".

"En près d'un an, plus de 2.000 enfants ont été tués ou blessés dans la guerre", selon le communiqué.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné l'attaque et appelé tous les belligérants à "respecter pleinement leurs obligations internationales", y compris les principes "de précaution et de proportionnalité".

L'attaque a visé "un rassemblement de miliciens" sur une place servant au commerce du qat, une herbe euphorisante largement consommée au Yémen, a indiqué Ahmed Assiri.

- Al-Qaïda et l'EI -

Plusieurs ONG ont critiqué les frappes aériennes de la coalition, l'accusant de ne pas faire assez pour éviter les objectifs non-militaires.

Mi-février, Human Rights Watch (HRW) a accusé la coalition d'utiliser des armes à sous-munitions fournies par les Etats-Unis "en dépit des preuves de victimes civiles". Selon l'ONG, environ 2.500 civils ont été tués par des raids de la coalition.

Des experts de l'ONU ont recommandé au Conseil de sécurité de mettre en place une "commission d'enquête internationale" sur les exactions commises par les belligérants au Yémen, dénonçant notamment des raids de la coalition contre des cibles civiles.

Selon Médecins du monde, quinze millions de personnes se retrouvent avec des "besoins humanitaires importants", dont 2,5 millions de déplacés.

L'été 2015, les forces progouvernementales ont pu reprendre plusieurs provinces du Sud mais peinent à les sécuriser comme à Aden, où les jihadistes d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique font désormais la loi dans certains secteurs.

Jeudi, des combattants d'Al-Qaïda ont fusillé sur une place publique d'une localité du Hadramout (sud-est) trois personnes condamnées à mort pour sorcellerie, selon un responsable local.

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