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17/03/2016 00:58 EDT | Actualisé 17/03/2017 01:12 EDT

Un journaliste japonais disparu en Syrie apparaît sur une vidéo

Le gouvernement japonais étudie une vidéo sur laquelle apparaît un journaliste japonais disparu en Syrie et dont on n'était sans nouvelles depuis la mi-2015, document diffusé sur l'internet où il semble demander l'aide de Tokyo pour sa libération.

"Nous avons connaissance de cette vidéo et sommes en train de l'analyser", a déclaré jeudi le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida.

Il s'agit d'un journaliste indépendant appelé Jumpei Yasuda dont le cas avait été notamment signalé par Reporters sans frontières (RSF).

La chaîne publique NHK et le quotidien Asahi Shimbun rapportent que ces images ont été mises en ligne par un Syrien vivant en Turquie et indiquent que le journaliste a été pris en otage en Syrie par le Front al Nosra, lié à al-Qaida. Ces médias citent des conversations téléphoniques avec cet homme dont ils ne révèlent pas le nom.

La chaîne Nippon TV a indiqué avoir parlé par téléphone avec une personne qu'elle qualifie de négociateur pour ce groupe qui demande une rançon.

Le porte-parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga a dit "ne pas être au courant" d'une telle requête.

Dans la vidéo d'une minute, le Japonais, barbu et vêtu d'un pull noir et d'une écharpe, dit en anglais: "Bonjour, je suis Jumpei Yasuda. C'est aujourd'hui, 16 mars, mon anniversaire".

Il est dans l'ensemble calme mais l'émotion transparaît lorsqu'il adresse un message à sa famille. Puis, parlant de "son pays", il affirme n'avoir constaté aucune réaction officielle concernant son sort.

Des membres du groupe Etat islamique (EI) avaient décapité l'an dernier le correspondant de guerre japonais Kenji Goto et son ami Haruna Yukawa.

Le gouvernement avait été accusé de s'être laissé prendre au dépourvu dans cette affaire et d'avoir apparemment manqué des occasions de sauver les deux hommes.

M. Yasuda avait souvent publié des commentaires sur son compte Twitter dans lesquels il exprimait sa frustration de voir nombre de journalistes éviter la Syrie mais ses messages avaient subitement pris fin le 21 juin.

Dans son dernier tweet ce jour-là il disait: "J'ai raconté ce qui se passe par l'intermédiaire de mon blog et Twitter sans dire où je me trouvais" et il ajoutait que les "interférences", dont il ne précisait pas la nature, dans ses activités de journaliste s'étaient considérablement accrues et qu'il était possible qu'il soit obligé de cesser son travail.

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