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17/03/2016 06:33 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Un accord UE-Turquie pourrait stopper le flux de migrants en "trois, quatre semaines" (PM néerlandais)

Un accord entre l'Union européenne et la Turquie, que les dirigeants européens vont tenter de négocier d'ici vendredi à Bruxelles, arrêterait les traversées de migrants en mer Egée en "trois, quatre semaines", a assuré jeudi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

"Ce qu'on veut clairement atteindre, c'est que les traversées s'arrêtent. Du fait qu'on ramènera les gens (en Turquie), nous nous attendons à ce que cela s'arrête en trois, quatre semaines" si l'accord est signé, a plaidé M. Rutte, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, en arrivant au sommet de Bruxelles.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu doit rejoindre vendredi les dirigeants européens, qui espèrent finaliser avec lui un accord censé mettre un coup d'arrêt à l'afflux massif de migrants en Grèce, malgré l'hostilité de certains Etats membres.

Cet accord controversé prévoit notamment que la Grèce pourra renvoyer en Turquie tous les migrants qui arrivent en bateau sur ses côtes, y compris les demandeurs d'asile. En échange, les Européens s'engagent à réinstaller dans leurs pays un réfugié syrien pour chaque Syrien qu'ils renverront en Turquie, dans une limite de 72.000 places d'accueil déjà réparties entre les 28.

Si l'accord est appliqué, et "du fait que la route des Balkans occidentaux est fermée (...) l'afflux depuis la Syrie vers la Turquie devrait aussi s'arrêter", a argué M. Rutte, l'un des artisans de cet accord proposé il y a dix jours par la Turquie aux 28 Etats membres.

Il existe des obstacles "sur plusieurs terrains", à commencer par la légalité de l'accord au regard du droit international, a reconnu le Premier ministre néerlandais.

"Mais il y a aussi les demandes des Turcs, il est clair que nous allons pas marchander sur les conditions posées (par l'UE) en échange d'une libéralisation des visas", alors qu'Ankara espère pouvoir faire bénéficier ses ressortissants d'un régime sans visas dans l'Union dès juin prochain, a-t-il insisté.

Quant à l'accélération des négociations d'adhésion, réclamée par Ankara, "là aussi il y a de grands problèmes auxquels il faut trouver une solution", a souligné M. Rutte. "Il faudra voir avec la Turquie (...) si on peut arriver à un accord équilibré aux yeux des Turcs et de l'UE en même temps", a-t-il ajouté, prédisant "deux longues journées" de sommet.

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