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17/03/2016 17:34 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Sauf exception, les caméras sont rarement admises dans les salles d'audience

TORONTO — Jian Ghomeshi doit retourner en cour la semaine prochaine afin de connaître le verdict de son procès pour agression sexuelle et avec la reprise des procédures aura lieu celle du torrent de messages publiés sur Twitter qui ont permis aux Canadiens d'avoir une image claire de ce qui se passait dans la salle d'audience — à défaut d'en avoir une au sens littéral du terme.

Durant le procès de l'ancien animateur vedette de la radio de CBC, les journalistes ont rapporté les témoignages d'une manière colorée et détaillée rarement observée dans pareille situation.

Pour certains, cela soulève une question: avec de tels comptes rendus en direct, pourquoi les caméras sont-elles interdites dans la plupart des salles d'audience du pays?

Les Canadiens peuvent actuellement regarder le procès intenté par Hulk Hogan contre le site Gawker au sujet de la diffusion d'une vidéo montrant le lutteur en plein ébats sexuels avec la femme d'un ami et se rappellent probablement très bien des images d'O.J. Simpson, enfilant un gant de cuir lors de son procès pour meurtre. Mais pour plusieurs d'entre eux, le fonctionnement de leur propre système judiciaire demeure un mystère.

Les politiques à ce sujet varient d'une province à l'autre, l'accès étant davantage restreint dans les provinces les plus grandes. Mais ce qui varie encore plus, c'est le désir de changer cette situation.

Interrogée à savoir si elle songeait à autoriser les caméras dans les salles d'audience de l'Ontario, la procureure générale de la province, Madeleine Meilleur, n'a pas tourné autour du pot. «Pour être honnête avec vous, non», a-t-elle affirmé lors d'une récente entrevue.

L'Ontario a lancé un projet pilote en 2007 en admettant les caméras dans la Cour d'appel et, si l'expérience a été qualifiée de réussite dans un rapport subséquent, le gouvernement ontarien n'y a pas vraiment donné suite. D'autres provinces comme la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont également tâté le terrain.

La Nouvelle-Écosse a diffusé sur le Web certains appels et recours collectifs à la demande des médias.

L'initiative la plus importante revient toutefois au Manitoba, où les juges en chef ont désigné certaines salles d'audience comme étant accessibles aux caméras. Amorcé en 2014, le projet pilote manitobain porte essentiellement sur des dossiers d'intérêt public qui ne comprennent pas de déclarations de témoins, a précisé le juge en chef de la Cour d'appel provinciale, Richard Chartier.

«Nous aimons l'approche étape par étape afin de s'assurer que tout le monde soit à l'aise», a-t-il expliqué.

Le projet est actuellement suspendu, non pas en raison des craintes qu'il aurait pu susciter, mais afin de trouver un moyen de faciliter l'accès des médias au contenu diffusé.

À l'instar du Manitoba, la majorité des autres provinces qui ont testé la présence des caméras dans les salles d'audience l'ont fait pour des dossiers n'impliquant pas de témoins. Mais de manière générale, cette pratique reste rare sauf à quelques exceptions près dans les cours d'appel du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique.

Quant à la Cour suprême du Canada, elle diffuse ses procédures sur le Web depuis des années.