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17/03/2016 11:13 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Sahara occidental: Rabat menace l'ONU d'autres mesures de rétorsion (ministre)

Le Maroc a haussé le ton jeudi dans sa querelle avec l'ONU à propos du Sahara occidental, menaçant de prendre bientôt de nouvelles mesures de rétorsion après la décision de Rabat de réduire sa contribution à la mission des Nations unies dans cette région (Minurso).

"Le Maroc a pris des décisions, elles sont irrévocables (...). D'autres décisions sont à l'étude", a déclaré à la presse le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, juste avant une réunion du Conseil de sécurité à ce sujet.

Le Maroc a décidé de réduire sa contribution à la Minurso (mission de l'ONU au Sahara occidental) et a demandé le rapatriement de 84 membres civils de la mission, à la suite d'une visite début mars du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un camp de réfugiés sahraouis à Tindouf (Algérie).

A cette occasion, M. Ban avait fortement irrité Rabat en parlant "d'occupation" à propos du statut du Sahara occidental, alors que le Maroc le considère comme partie intégrante de son territoire.

Le ministre marocain n'a pas précisé les menaces de Rabat mais a souligné que "tout cela dépendra du Conseil de sécurité et des membres du Conseil de sécurité" qui ont entamé jeudi après-midi des consultations à huis clos.

Il a cependant précisé que le Maroc, qui avait initialement menacé de retirer tout ou partie de ses 2.300 Casques bleus servant dans d'autres missions de l'ONU, notamment en République démocratique du Congo, ne mettrait pas cette menace à exécution.

M. Mezouar a souhaité que le Conseil rappelle à M. Ban "les paramètres" d'un règlement du conflit au Sahara occidental. Il a aussi fait valoir le rôle du Maroc dans la lutte antiterroriste, en particulier contre le groupe jihadiste Etat islamique.

Pour le représentant à l'ONU du Front Polisario, qui réclame un referendum d'autodétermination, le Conseil doit soutenir M. Ban et "maintenir le processus politique mené par l'ONU" au Sahara occidental, sous peine de voir les hostilités reprendre.

- Sans précédent -

Le Maroc s'efforce de "mettre fin à la Minurso", ce qui créerait un vide et "serait le plus court chemin vers une reprise de la guerre", a affirmé à la presse Ahmed Boukhari.

La réunion du Conseil doit permettre aux 15 pays membres de tenter de dissiper le "léger malentendu" entre l'ONU et le gouvernement marocain, a estimé le président du Conseil.

"Nous devons trouver une forme de rapprochement", a affirmé l'ambassadeur angolais Ismael Gaspar Martins, qui préside le Conseil en mars.

Le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a précisé que les restrictions demandées par le Maroc concernaient 84 membres civils internationaux de la Minurso (dont 81 de l'ONU et 3 dépendant de l'Union africaine), soit la quasi-totalité du personnel civil expatrié de la Minurso.

Ces coupes, qui concernent le personnel politique "à un niveau assez élevé" mais aussi des chauffeurs ou techniciens indispensables, "sont un défi logistique (et) rendent quasiment impossible pour la mission de remplir son mandat", obligeant l'ONU à étudier des plans d'urgence, a-t-il ajouté.

Il a accusé le Maroc de mener "une action unilatérale en contradiction flagrante avec ses obligations internationales". "Ce à quoi nous assistons est sans précédent", a-t-il affirmé.

Le Sahara occidental est une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc, qui l'a annexée en 1975, mais le territoire est revendiqué par des indépendantistes (le Polisario).

Rabat propose une large autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire de moins de un million d'habitants et a reçu mardi le soutien de Moscou. Le Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d'autodétermination.

L'ONU a déployé une mission, la Minurso, en 1991 pour surveiller un cessez-le-feu, et s'efforce de faciliter un règlement. M. Ban espère faire des progrès dans ce dossier avant de quitter son poste à la fin de l'année.

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