NOUVELLES
17/03/2016 07:36 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

RDC: pas de liberté provisoire pour deux militants arrêtés en mars 2015

La Cour suprême de justice de la République démocratique du Congo a refusé la liberté provisoire sollicitée par deux militants de la société civile détenus depuis un an à Kinshasa, a-t-on appris jeudi auprès de la défense.

"Les juges de la Cour suprême de justice n'ont pas accordé la (...) mise en liberté provisoire à Fred Bauma et Yves Makwambala. Ce qui veut dire qu'ils vont rester en prison", a déclaré à l'AFP Me Venance Kalenga, un des avocats de la défense.

"On est déçu car, à notre avis, cette grande Cour pouvait le faire vu les moyens développés par la défense", a-t-il ajouté.

MM. Bauma et Makwambala ont été arrêtés à Kinshasa le 15 mars 2015, lors d'une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par le mouvement Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent.

Cette réunion avait été présentée par les autorités comme une rencontre "terroriste", un qualificatif réfuté depuis par une commission parlementaire.

Âgés tous deux d'une vingtaine d'années, ils sont poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

MM. Bauma et Makwambala avaient été détenus au secret pendant plus de 40 jours avant d'être déférés à la justice début juin. Leur procès s'est ouvert il y a plusieurs mois et était suspendu à ce verdict de la Cour suprême de justice.

Avec cet arrêt, "le procès va reprendre et nous n'allons pas baisser les bras, nous allons amorcer d'autres démarches pour obtenir" leur libération, a averti Me Kalenga.

Mardi, 19 militants du mouvement de jeunes indignés "Lucha" ont été arrêté à Goma (est) lors d'une marche pacifique réclamant la libération de MM. Bauma et Makwambala. Mercredi, ils ont été présentés au parquet et étaient toujours en détention.

La RDC traverse une crise grave depuis novembre 2011 et la réélection de M. Kabila lors d'un scrutin entaché de fraudes massives.

De plus, les doutes sur la tenue d'une présidentielle à la fin de l'année alimentent de vives tensions dans le pays. L'opposition soupçonne le chef de l'État de vouloir demeurer à la tête du pays au terme de son mandat en décembre, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

mbb/bmb/sla