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17/03/2016 03:30 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Pas de lien entre migration et tuberculose en Europe (OMS)

Il n'y a aucun lien systématique entre migration et propagation de la tuberculose, mais les conditions de vie précaires des migrants sur la route de l'exil en font une population vulnérable, ont averti jeudi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention des maladies (ECDC).

"Le nombre de nouveaux cas de tuberculose dans certains pays d'origine (des migrants) est plus faible que la moyenne de la région européenne", qui dans la définition de l'OMS inclut l'Asie centrale, relèvent les deux institutions dans leur rapport annuel qui porte sur 2014.

En Syrie, le ratio est de 17 nouveaux cas pour 100.000 habitants, une moyenne légèrement supérieure au nombre de nouveaux cas enregistrés dans l'Espace économique européen, qui regroupe les pays de l'UE, l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein (12,8 nouveaux cas pour 100.000 habitants).

En outre, "la tuberculose ne se transmet pas facilement et les contacts sont limités, le risque est faible pour que les migrants transmettent la maladie à la population", souligne le communiqué.

Selon elles, si des migrants sont touchés c'est parce qu'ils sont parmi les plus vulnérables, du fait de leur périple et de leurs conditions de vie.

Des mesures ciblées envers les populations les plus exposées contribueraient à éradiquer à terme la maladie.

En Europe, "une couverture santé universelle devrait être garantie pour les réfugiés et les migrants enregistrés ou non" pour limiter l'épidémie, selon les deux institutions.

"Pour certaines personnes, les circonstances sociales ou les modes de vie peuvent rendre plus difficiles d'identifier les symptômes, d'accéder aux services de soin, suivre un traitement (...). Nous devons penser à des interventions sur mesures pour des gens aussi vulnérables", insiste Andrea Ammon, directrice de l'ECDC.

Sur un an, le nombre de cas de tuberculose déclarées dans l'ensemble de la région européenne en 2014 a reculé de 5,5%, à 340.000 cas.

A l'échelle mondiale, 9,6 millions de cas ont été enregistrés en 2014 selon un rapport de l'OMS publié en octobre. La maladie fait quelque 4.400 morts par jour faute d'accès aux soins.

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