NOUVELLES
17/03/2016 08:39 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Niger: l'opposition "ne reconnaîtra pas les résultats" de la présidentielle de dimanche

L'opposition nigérienne, dont le candidat à la présidentielle, Hama Amadou, est malade et a été évacué à Paris, a prévenu jeudi qu'elle "ne reconnaîtrait pas les résultats" et "les institutions issues des élections présidentielles et législatives" prévues dimanche.

"La Copa (coalition de l'opposition) demande une transition politique afin de permettre d'organiser de nouvelles élections démocratiques, libres, légitimes et transparentes et honnêtes", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Elle a "réitéré son boycott du scrutin" du 20 mars qui opposera son candidat Hama Amadou au président sortant Mahamadou Issoufou, "(invitant) ses militants, sympathisants ainsi que tous les citoyens épris de paix de justice" à ne "pas prendre part au scrutin".

La Copa dénonce en particulier "l'instrumentalisation et l'inféodation de la Céni (la Commission électorale en charge des élections) et de la Cour constitutionnelle (qui proclame les résultats) par le pouvoir exécutif".

Elle demande également à "la communauté nationale et internationale" de "sortir de (son) mutisme" de "demeurer vigilantes" afin "de faciliter l'instauration d'un climat de dialogue politique sincère et apaisé entre toutes les parties" nigériennes.

Le candidat de l'opposition Hama Amadou, malade et évacué en France, a été "admis" dans un hôpital près de Paris, et "se porte mieux", a indiqué jeudi à l'AFP un de ses proches.

Cet ancien allié du président Issoufou était en détention préventive depuis novembre dans le cadre d'une affaire de trafic de bébés qu'il dénonce comme un montage pour l'écarter de la course à la présidence de ce pays sahélien de 18 millions d'habitants, un des plus pauvres du monde et vivant sous la menace des groupes jihadistes.

Le 2 mars, l'opposition avait réclamé la libération de l'opposant afin qu'il puisse mener sa campagne et affronter en "toute régularité" le président sortant Mahamadou Issoufou au second tour de la présidentielle.

La cour d'appel de Niamey, qui a examiné lundi une demande de liberté provisoire pour M. Amadou, rendra sa décision le 28 mars.

Au premier tour de la présidentielle, le 21 février, M. Amadou qui a battu campagne depuis sa cellule, a obtenu 17,79% des suffrages contre 48,41% au président sortant Issoufou.

La campagne électorale pour le premier tour avait été marquée par des violences entre partisans du président et opposants qui contestaient la régularité des listes électorales. Elle a été précédée de l'arrestation de personnalités et de l'annonce d'un putsch raté par le pouvoir.

Les organisations religieuses, chefs traditionnels et syndicats ont appelé "au dialogue" et à "l'apaisement", pour éviter un enlisement dans un pays où les crises politiques ont souvent débouché sur des coups d'Etat.

bh/aek/dab