NOUVELLES
17/03/2016 03:40 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Milan-Sanremo: la chance de Bouhanni

Nacer Bouhanni (Cofidis) peut tirer son épingle du jeu lors de la première grande classique de la saison cycliste, Milan-Sanremo, qui se court samedi, mais devra surveiller les autres favoris de la "classicissima" listés par son directeur sportif Didier Rous .

Bouhanni, un travail d'équipe

Nacer Bouhanni (FRA/Cofidis): "Il peut jouer la gagne", estime son directeur sportif, conforté par l'expérience de 2015 (6e): "L'an dernier, il n'avait pas d'équipier dans le final, les choses se mettaient en place, ça ne se fait pas du jour au lendemain."

Le schéma idéal pour le Vosgien ? Avoir quatre coéquipiers dans le final. "Deux pour le placer au pied du Poggio et deux avec lui en haut", à moins de 6 kilomètres de la ligne. "Cyril Lemoine et Geoffrey Soupe, Christophe Laporte et Julien Simon, peuvent tenir le rôle. Tout comme Arnold Jeannesson", énumère Didier Rous qui insiste sur l'importance d'avoir un soutien dans le sprint.

"Il faut avoir les équipiers pour être placé où et quand il faut, souligne-t-il. Sinon, il faut choisir la bonne roue. Mais, quand on choisit la bonne roue, on a plus de chance d'être enfermé que de gagner".

Matthews l'épouvantail

Michael Matthews (AUS/Orica): "C'est l'épouvantail, annonce Didier Rous. Il passe bien les bosses, on l'a vu dans Paris-Nice. Dans sa forme actuelle, ce sera facile pour lui de passer".

Le parcours de la Primavera, la plus longue des classiques (291 km), ne comporte aucune difficulté rédhibitoire. Les "capi" (Mele, Cervo, Berta) sont des petites collines au-dessus du littoral de la mer Ligure et les deux dernières montées, la Cipressa et le Poggio, situées dans les 25 derniers kilomètres, sont taillées pour les puncheurs bien plus que pour les grimpeurs.

Troisième l'an dernier, Matthews (maillot jaune de Paris-Nice pendant six jours) conjugue résistance et vitesse terminale. "Il a le bon profil", confirme le directeur sportif français. A condition de garder sa lucidité jusqu'au bout, de savoir économiser l'énergie pour surgir au moment opportun. Milan-Sanremo se joue sur les détails.

Cancellara toujours là

Fabian Cancellara (SUI/Trek): "Il ne fait pas semblant", apprécie le directeur sportif de Bouhanni au vu du tonitruant début de saison du Bernois, déjà vainqueur à quatre reprises.

Pour sa dernière saison dans le peloton, "Spartacus" (35 ans) a imposé sa puissance et son expérience dans le final de la semi-classique des Strade Bianche. Il a survolé aussi le contre-la-montre final de Tirreno-Adriatico, mardi, pour mettre la dernière touche à sa préparation. "Il essayera d'anticiper dans le Poggio", prévoit Didier Rous. Suivant une tactique adoptée en 2012, sans plus de réussite que lors des autres éditions (trois fois deuxième à Sanremo).

Cancellara n'a gagné qu'une seule fois la "classicissima", en 2008. Il avait alors joué de l'effet de surprise en attaquant dans les deux derniers kilomètres pour couper l'herbe sous le pied aux sprinteurs.

Sagan, le sprint aussi

Peter Sagan (SVK/Tinkoff): "Il pèse sur la course. Quand il attaque, ça fait des dégâts. Il ne gagne pas forcément mais il peut faire gagner un autre", souligne Didier Rous. Car le champion du monde en titre, souvent placé (17e en 2011, 4e en 2012, 10e en 2014, 4e en 2015), n'est monté qu'une seule fois sur le podium à Sanremo (2e en 2013).

Perfectible tactiquement, le Slovaque peut aussi miser sur un sprint sur la Via Roma, au coeur de la "cité des fleurs". Un atout de plus, aux yeux de Didier Rous qui rappelle: "Un sprint est probable car beaucoup d'équipes veulent que ça se termine ainsi."

jm/cto