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17/03/2016 09:26 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

La Tunisie lance une campagne contre l'extrémisme religieux chez les jeunes

La Tunisie, qui fait face depuis plusieurs années à un essor de la mouvance jihadiste, a annoncé jeudi le lancement d'une campagne pour lutter contre l'extrémisme religieux qui a touché de nombreux jeunes.

Cette campagne qui commence dimanche, le 20 mars, et doit durer un an entend véhiculer "les vraies valeurs de l'islam (...) modéré", afin de "protéger nos jeunes et leur pensée du terrorisme", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Khalil.

L'extrémisme "a envahi la pensée de nos jeunes via internet", s'est-il alarmé.

Dans le cadre de cette campagne baptisée "Ghodwa khir" ("Demain sera meilleur" en arabe dialectal tunisien), un site internet "interactif et moderne" rassemblant des prêches et des conférences religieuses enregistrées sera notamment mis sur pied par le ministère des Affaires religieuses.

Le ministère doit également financer des programmes de sensibilisation contre le terrorisme sur les radios et télévisions publiques et privées.

Un centre d'appels sera en outre chargé de "répondre aux questionnements des jeunes sur les questions religieuses" et davantage de cours seront organisés dans les mosquées sous la supervision d'imams et de prédicateurs autorisés.

La Tunisie fait face depuis sa révolution en 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de quatre attaques majeures ayant fait plusieurs dizaines de morts sur son sol au cours des 12 derniers mois.

Des milliers de Tunisiens combattent à l'étranger dans les rangs d'organisations extrémistes, constituant l'une des principales menaces à la sécurité du pays selon les autorités.

Le ministre de la Justice Omar Mansour avait annoncé mercredi l'intention des autorités de lancer un programme visant à "réformer" la pensée des personnes détenues pour terrorisme.

Près de 2.000 personnes au total, entre celles condamnées pour crimes "terroristes" et celles détenues dans le cadre d'affaires similaires, sont actuellement en détention, selon Saber Khelifi, directeur général de l'administration des prisons.

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