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17/03/2016 04:49 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

La Roumanie demande l'aide de ses citoyens pour acheter un chef-d'oeuvre du sculpteur Brancusi

La Roumanie a fait appel à la générosité de ses citoyens pour acquérir la "Sagesse de la terre", chef-d'oeuvre à l'histoire tourmentée du sculpteur français d'origine roumaine Constantin Brancusi, a annoncé jeudi le ministre de la Culture.

"Nous avons décidé de faire appel aux citoyens de la Roumanie, aux compagnies privées et à la diaspora", a déclaré Vlad Alexandrescu lors d'une conférence de presse, ajoutant avoir déjà "le soutien de personnalités culturelles du pays et de l'étranger" .

Après de longues négociations, le gouvernement a convenu de payer 11 millions d'euros pour acquérir la sculpture auprès de ses propriétaires privés. Sur cette somme, 5 millions proviendront des caisses publiques. Pour le reste, le gouvernement de ce pays, l'un des plus pauvres de l'Union européenne, a décidé de lancer une souscription publique.

"C'est la première fois qu'une souscription publique nationale est organisée depuis 128 ans, quand a été érigé l'Athénée roumain", salle de concert de style néoclassique au coeur de la Capitale roumaine, a souligné le ministre.

"Nous sommes pauvres, mais avec une telle oeuvre d'art (...) c'est maintenant ou jamais", a déclaré de son côté le Premier ministre technocrate Dacian Ciolos. L'Etat, qui a un droit de préemption sur l'oeuvre exposée actuellement au Palais Cotroceni de Bucarest, serait selon lui encore "plus pauvre" s'il laissait passer sa chance d'en devenir propriétaire.

Taillée dans la pierre en 1907, trois ans après que Constantin Brancusi, né en 1876, se fut installé à Paris, la sculpture avait été vendue par ce dernier en 1911 à un ami roumain, grand amateur d'art, Gheorghe Romascu.

En 1957, prétextant du souhait de l'inclure dans une exposition à l'étranger, les autorités communistes s'en sont emparées pour ne plus jamais la rendre à son propriétaire.

Au terme d'une saga judiciaire de plusieurs décennies, les descendants de Romascu avaient fini par recouvrer la sculpture en 2010. Quatre ans plus tard, ils avaient annoncé leur intention de la vendre. Mais le prix demandé de 20 millions d'euros, jugé trop élevé, avait déclenché une polémique.

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