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17/03/2016 11:10 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

La CIJ se dit compétente pour juger deux différends maritimes Colombie-Nicaragua

La Cour internationale de justice (CIJ) s'est déclarée compétente jeudi pour trancher deux contentieux maritimes entre la Colombie et la Nicaragua, ce à quoi Bogota a réagi en décidant de quitter la procédure.

Le Nicaragua avait saisi la CIJ, plus haute instance judiciaire des Nations unies, basée à La Haye, assurant que la Colombie violait ses droits dans les vastes étendues maritimes que la CIJ lui avaient attribuées en 2012.

Managua demandait d'autre part aux juges de délimiter la frontière entre les deux pays, au-delà des 200 miles marins des côtes nicaraguayennes.

Les juges se sont déclarés compétents pour entendre les deux affaires, a déclaré le président de la Cour, Ronny Abraham, "sur la base de l'article XXXI du Pacte de Bogota", un accord datant de 1948 établissant la compétence de la CIJ pour les contentieux frontaliers avec d'autres pays.

Bogota, qui estimait que la CIJ n'était pas compétente sur ces questions, alors que Managua affirmait le contraire, a immédiatement réagi.

"J'ai décidé que la Colombie cesserait de comparaître devant la CIJ sur cette affaire", a déclaré le président colombien Juan Manuel Santos sitôt la décision de la Cour connue.

Les deux pays latino-américains n'ont pas de frontière terrestre mais une frontière maritime, sujet de tension depuis quasiment un siècle.

Dans une décision rendue le 19 novembre 2012, la CIJ avait fixé de nouvelles limites maritimes entre le Nicaragua et la Colombie, attribuant à Managua plusieurs dizaines de milliers de km2 qui étaient auparavant sous le contrôle de Bogota.

Mais la CIJ avait aussi reconnu la souveraineté de la Colombie sur des îles et îlots des Caraïbes revendiqués par le Nicaragua. Or, certains d'entre eux sont désormais enclavés au milieu des nouvelles eaux territoriales du Nicaragua.

A la suite de ce jugement, la Colombie avait dénoncé ce "pacte de Bogota". La décision de 2012 avait été vécue comme un traumatisme par Bogota, qui dit craindre pour les droits des habitants de ces îles et redoute de voir leurs activités de pêche remises en cause par les autorités nicaraguayennes. mbr/jkb/pyv/fjb