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16/03/2016 20:48 EDT | Actualisé 17/03/2017 01:12 EDT

L'oléoduc Énergie Est entraînerait une hausse nette des GES à l'échelle mondiale

MONTRÉAL — La mise en opération de l'oléoduc Énergie Est entraînerait une augmentation nette de 0,7 à 4,3 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) à l'échelle mondiale.

C'est la conclusion qu'a présentée la firme indépendante Navius aux commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, qui se penchaient sur les émissions de GES liées au projet, mercredi soir, à Lévis.

Les estimations de Navius ont servi de point de repère durant une soirée où plusieurs chiffres ont été avancés, mais où l'on a appris que ni le gouvernement du Québec, ni le gouvernement fédéral n'avaient estimé la production potentielle de gaz à effet de serre émanant du projet de TransCanada.

La seule évaluation est venue de l'entreprise TransCanada elle-même, qui a estimé les émissions de GES à 250 000 tonnes durant la phase de construction et à 440 000 tonnes par an au Canada pendant son opération, dont 2000 tonnes par année au Québec.

Cependant, cette évaluation ne comprend par les émissions générées par la production et l'utilisation du pétrole, l'entreprise répétant à plusieurs reprises qu'elle ne produit pas de pétrole mais qu'elle se contente plutôt d'en transporter.

Cette affirmation a été sévèrement critiquée par l'économiste Renaud Gignac, de la firme Transitio, qui a reproché à TransCanada de se déresponsabiliser en ne reconnaissant pas que son projet encouragerait une augmentation de la production de pétrole des sables bitumineux et qu'elle serait, donc, responsable des émissions additionnelles attribuables à la production et à la consommation de ce pétrole.

C'est d'ailleurs cette réalité qui est à l'origine de la conclusion de Navius voulant que la présence du pipeline favoriserait une augmentation de la production pétrolière canadienne.

Selon la firme de consultants en énergie, une telle hausse entraînerait une diminution de la production ailleurs dans le monde, ce qui aurait comme premier effet d'augmenter les émissions de GES au Canada même d'environ 1,5 à 12 millions de tonnes.

La réduction ailleurs sur la planète ne suffirait, toutefois, pas à faire contrepoids, puisque d'une part l'extraction et le raffinage du pétrole lourd des sables bitumineux génèrent beaucoup plus de GES que pour le pétrole traditionnel et, d'autre part, le modèle de Navius prévoit une augmentation de la consommation en raison de réductions de prix.

La firme de recherche en arrive ainsi à une augmentation nette de 0,7 à 4,3 millions de tonnes par année de GES attribuable à la mise en service de l'oléoduc Énergie Est.