NOUVELLES
17/03/2016 06:35 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

L'Etat français prêt à injecter des fonds pour aider EDF (ministre)

L'Etat français, actionnaire à plus de 84% du groupe Electricité de France (EDF), est prêt à injecter des fonds pour redresser ses comptes fragilisés par le sauvetage du géant du nucléaire Areva et le programme de maintenance des centrales nucléaires, a assuré jeudi le ministre de l'Economie.

"S'il y a besoin de recapitaliser, nous le ferons", a affirmé Emmanuel Macron lors d'une visite à la centrale nucléaire de Civaux (centre-est). Les arbitrages sur EDF seront pris "d'ici le début du mois de mai", a-t-il ajouté.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait expliqué la semaine dernière que le groupe "négoci(ait) avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part (lui) permettant de sécuriser (sa) situation financière", avant toute décision définitive sur le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre.

En désaccord avec ce projet de réacteur de troisième génération, le directeur financier d'EDF Thomas Piquemal a démissionné début mars, ravivant les craintes sur la santé de l'entreprise.

"S'il y a besoin de renoncer encore aux dividendes, nous le ferons", a encore déclaré M. Macron, fervent partisan du projet d'Hinkley Point.

Le mois dernier, l'Etat a choisi de recevoir le dividende d'EDF en actions plutôt qu'en numéraire, évitant ainsi au groupe de débourser 1,8 milliard d'euros. Selon le magazine Challenges, l'Etat pourrait s'engager à recevoir le dividende en actions "sur les cinq prochaines années", ce qui représenterait "11,7 milliards" de trésorerie préservée pour EDF.

Outre Hinkley Point, EDF, qui affiche un endettement net de 37,4 milliards d'euros, doit aussi financer le rachat de la branche réacteurs d'Areva et le programme de maintenance lourde des 58 réacteurs français.

Ces dernières années, "l'Etat actionnaire a été trop court-termiste" dans sa stratégie à l'égard d'EDF, a aussi jugé le ministre. "La dynamique salariale a été déconnectée" de la situation économique de l'entreprise. "Le compromis social a été trop généreux", a-t-il insisté, après avoir été reçu par des cris de colère d'une centaine de salariés EDF pour des propos semblables tenus la semaine dernière à l'Assemblée nationale.

"Quel mépris pour les femmes et les hommes d'EDF!", a jugé Sébastien Menesplier, du syndicat contestataire CGT, devant les grilles de la centrale.

mhc-abb-jum/fka/chp/mct

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE