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17/03/2016 09:53 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

L'auteur des attentats de Copenhague visait le caricaturiste Lars Vilks

L'auteur des attentats de Copenhague visait l'artiste suédois Lars Vilks, bête noire des fondamentalistes depuis ses dessins du prophète Mahomet avec un corps de chien, a affirmé jeudi un homme soupçonné d'être son complice et jugé pour terrorisme.

En février 2015, Omar El-Hussein, un Danois de 22 ans d'origine palestinienne, avait ouvert le feu au fusil d'assaut sur un centre culturel où se tenait une conférence sur le thème "Art, blasphème et liberté" en présence du dessinateur suédois. Il avait alors tué un cinéaste danois, Finn Nørgaard.

"Ce n'était pas lui qui aurait dû mourir", a affirmé devant le tribunal de Copenhague Bhostan Hossein, 26 ans, au cinquième jour du procès. Il comparaît avec trois autres hommes, accusés eux aussi d'avoir aidé et encouragé El-Hussein.

Selon Hossein, "le caricaturiste de Mahomet" était la cible du tueur, une déclaration qui corrobore les affirmations de la police et de Lars Vilks.

Quelques heures plus tard, El-Hussein avait attaqué la synagogue de Copenhague, tuant un fidèle juif qui y montait la garde, avant d'être abattu par la police dans un échange de tirs.

Entre les deux attaques, il avait rencontré les quatre accusés et leur avait confié être "désolé" d'avoir tué le cinéaste, se souvient Hossein.

Le Parquet estime que les quatre hommes l'ont "encouragé" à passer à l'acte, violant la loi sur le terrorisme. Deux d'entre eux, Bhostan Hossein et Liban Elmi, 21 ans, sont également jugés pour s'être débarrassés de l'arme utilisée lors de la première attaque.

Une vidéo de caméra de surveillance montre les deux hommes rencontrant El-Hussein. Ce dernier confie alors à Hossein un sac noir dans lequel se trouve, d'après l'accusation, l'arme.

"Je pouvais sentir que c'était un fusil. J'ai essayé de le rendre. Il ne voulait pas le prendre (...). Ayant regardé les infos, j'aurais pu comprendre ce qu'il s'était passé", dit-il.

Quand le procureur lui demande pourquoi il a omis de contacter la police, sa réponse est simple: "Je suis un criminel. C'est tout à fait normal."

Le fusil avait été retrouvé dans un fossé à quelques centaines de mètres du lieu de la rencontre.

Le procès, événement rare dans la lutte contre le jihadisme en Europe, doit durer 30 jours. Le verdict est attendu en septembre.

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