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17/03/2016 10:19 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

« C'est essentiellement le même parti libéral » - Pascal Bérubé

Le Parti québécois (PQ) estime que l'enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) permet de franchir le dernier pas que la commission Charbonneau n'avait pas pu faire : établir un lien entre le financement politique et l'octroi de contrats publics.

« C'est l'UPAC elle-même qui a utilisé le mot systémique, martèle Mme Maltais. Ils ont trouvé un système. » Elle avance ainsi que le Parti libéral du Québec était gangrené par un système occulte de financement politique.

« Les accusations portent sur un système organisé de corruption au sein d'un gouvernement, au plus haut niveau d'un gouvernement, pendant des années - 5 ans - c'est très grave », poursuit Mme Maltais. Cette dernière précise que la dissidence du commissaire Renaud Lachance, dans le rapport de la Commission Charbonneau déposé en décembre dernier, est ainsi « tranchée ».

L'arrestation par l'UPAC de sept personnes, dont l'ancienne vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau, son chef de cabinet Bruno Lortie et l'ancien vice-président de la firme Roche et ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté, a ébranlé la classe politique ce matin en plus de reléguer le dépôt du budget du ministre Carlos Leitao au second plan.

Mme Normandeau fait notamment face à quatre chefs d'accusation : complot, abus de confiance, fraude envers le gouvernement et corruption de fonctionnaires. « La vice-première ministre qui corrompt ses propres fonctionnaires, c'est d'une gravité historique », a déclaré le porte-parole du PQ en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé.

« Les accusations de complot couvrent une période qui va de 2000 à 2012, soit la presque totalité de sa carrière politique », poursuit M. Bérubé. Il ajoute que l'implication de Mme Normandeau, étant donné sa position avantageuse au sein du gouvernement de Jean Charest, légitime bien des questions sur l'intégrité du PLQ.

Mme Maltais déplore que M. Couillard tente de « balayer les accusations sous le tapis » en les attribuant à des pratiques d'une époque révolue. M. Bérubé souligne que plusieurs ministres - dont le premier ministre Philippe Couillard lui-même, mais aussi Sam Hamad et Julie Boulet, notamment - faisaient partie du même cabinet que Mme Normandeau.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, abonde en ce sens et ajoute que M. Couillard doit s'assurer que les sommes amassées frauduleusement soient intégralement remboursées. « La population du Québec l'exige, poursuit-elle. Tout l'argent que le Parti libéral a amassé durant toutes ces années où l'UPAC enquête, cet argent-là doit être intégralement remboursé. »

Mme Maltais estime que le premier ministre doit « prendre ses responsabilités pour les gestes qui ont été commis par les gens de son parti ».

« Il doit cesser le déni, cesser de banaliser une situation extrbrunoêmement grave, poursuit son collègue Bérubé. Il doit cesser de nier l'existence d'un système au sein de son parti. »

Les ministres du PLQ « devront s'expliquer »

À l'instar de ses collègues du PQ, Mme David souligne que plusieurs ministres du gouvernement Couillard étaient membres du cabinet de Jean Charest à l'époque. « Ils devront s'expliquer », estime-t-elle en rappelant que plusieurs ministres avaient l'obligation d'amasser 100 000 $ pour les coffres du parti.

Mme David reproche à M. Couillard d'avoir « enterré le rapport de la commission Charbonneau » en insistant sur la dissidence du commissaire Renaud Lachance. Elle réclame maintenant que le gouvernement mette en pratique toutes les recommandations de la commission Charbonneau et débarrasse le Québec de la corruption.

Elle profite de l'occasion pour souligner l'importance du projet de loi sur les lanceurs d'alertes et avance que la loi devrait protéger non seulement les employés de l'État, mais également ceux des municipalités et des entreprises privées qui font affaire avec le gouvernement.

La porte-parole du Parti québécois en matière de Justice, Véronique Hivon, ajoute que « l'effritement du lien de confiance » entre la population et ses institutions et la conséquence la plus grave de tous les scandales qui ont été dévoilés au cours des dernières années.

« J'espère que la population est rassurée et a confiance en ses institutions, c'est ça qui est le plus important », a déclaré Mme Hivon.

« Visiblement, l'agenda de l'UPAC n'est pas conditionné par l'agenda politique », a pour sa part indiqué le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), Éric Caire, en rappelant que c'était aussi journée de budget à Québec.