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17/03/2016 07:50 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Burundi: le gouvernement met en garde des Eglises qui "sèment la zizanie"

Le gouvernement du Burundi a mis en garde jeudi les responsables de certaines Eglises qui "sèment la zizanie et la désolation" au sein de la population, en prêtant "main-forte aux fauteurs de troubles et aux terroristes".

Il s'agit d'une allusion claire entre autres à la très influente conférence des évêques catholiques du Burundi, qui a réitéré récemment ses appels à toutes les parties prenantes à la crise burundaise à s'asseoir autour d'une même table.

"Nous lançons un appel aux responsables de certaines Eglises (...) à rompre avec les mauvais comportements dont ils ont fait preuve ces derniers jours", a déclaré le ministre de l'Intérieur et de la formation patriotique, Pascal Barandagiye, dans un communiqué lu à la presse à Bujumbura.

"Certains parmi ces responsables ont dévié de leur rôle d'encadrement spirituel des fidèles par la parole de Dieu, en proférant des communiqués effroyables qui sèment la zizanie et la désolation au sein de la population, et qui prêtent main-forte aux fauteurs de troubles et aux terroristes", a dénoncé M. Barandagiye.

"Nous voudrions leur dire que le peuple en a assez", a-t-il averti.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet.

L'église catholique, la plus puissante du pays avec plus de 60% de fidèles, s'était opposée à cette candidature, aux côtés de la société civile, de l'opposition politique et d'une partie du camp de M. Nkurunziza, en estimant qu'elle violait la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006).

Le ministre burundais de l'Intérieur a également appelé "d'autres responsables d'Eglises, qui ont répandu de fausses prophéties poussant ainsi certaines personnes à l'exil", à "s'arrêter là sans tarder". Une allusion cette fois-ci aux nombreuses Eglises évangéliques du Burundi.

Celles-ci pullulent depuis l'arrivée au pouvoir en 2005 de Pierre Nkurunziza, un chrétien "born again" revendiqué, dont l'épouse est pasteur évangélique. Elles sont divisées en pro et anti-Nkurunziza.

Enfin, le gouvernement burundais s'en est pris pèle-mêle au Rwanda et à son président Paul Kagame, accusés de "poursuivre leur projet machiavélique" de déstabilisation du Burundi, à certains médias internationaux qui participent "au complot" visant à plonger ce pays "dans le chaos", ou encore aux pays européens "qui ont imposé des sanctions injustes".

Les violences ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 250.000 personnes à quitter le pays.

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