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17/03/2016 17:43 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Brésil: manifestations nocturnes anti-Rousseff à Brasilia et Sao Paulo

Des Brésiliens réclamant le départ du pouvoir de la présidente de gauche Dilma Rousseff continuaient à manifester jeudi soir à Brasilia et Sao Paulo au terme d'une journée de vives tensions politiques, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans la journée, le géant émergent d'Amérique latine s'était un peu plus enfoncé dans le chaos.

Un juge a suspendu la prise de fonctions au gouvernement de l'ex-président Lula, soupçonné de corruption, et les députés ont donné le coup d'envoi à l'Assemblée de la procédure de destitution de Mme Rousseff.

Dans la capitale Brasilia, des milliers de manifestants étaient toujours massés après 22H00 (01H00 GMT) devant la présidence et le Congrès des députés.

La police est intervenue à plusieurs reprises, en tirant quelques grenades de gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes pour empêcher les protestataires de s'approcher des sièges du pouvoir, provoquant des mouvements de foule.

Dans le centre de la capitale économique Sao Paulo, fief de l'opposition, plusieurs milliers de manifestants étaient également rassemblés sur l'avenue Paulista pour réclamer le départ du Parti des travailleurs (PT, gauche au pouvoir) et de la présidente.

"Dehors PT ! Démission", scandaient les manifestants, surtout des jeunes et des employés de bureaux. "Le Brésil n'est pas le Venezuela !", entonnaient d'autres.

Une soixantaine d'entre eux se préparaient à camper dans des tentes, au pied du gratte-ciel de la puissante Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp), illuminé comme la veille aux couleurs nationales vert et jaune et barré d'une immense banderole "Impeachment Ja" ("Destitution maintenant", NDLR).

"Nous allons protester comme ils l'ont fait en Ukraine. Demain, nous serons plus nombreux", a assuré à l'AFP Cristiane Galvao, 44 ans. "Nous ne partirons pas d'ici jusqu'à ce que Dilma parte", a ajouté cette militante d'un mouvement baptisé "Brésil, patrie aimée".

Vendredi, la gauche va mobiliser à son tour ses forces dans les rues, cinq jour après les manifestations anti-Rousseff de dimanche qui ont rassemblé quelque trois millions de Brésiliens dans tout le pays.

Le PT, la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), et des organisations sociales et mouvements de gauche ont convoqués des manifestations dans plus de 30 villes.

Les plus importantes sont attendues à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Brasilia.

"Le 18, tous dans la rue ! Ce n'est pas seulement contre le coup d'Etat, c'est pour la défense des droits des citoyens et de la démocratie (...), c'est pour poursuivre les changements qui réduisent les inégalités", écrit le mouvement Frente Brasil dans sa convocation.

A Sao Paulo, la CUT a assuré que ces manifestations seraient "de nature pacifique" mais elle a demandé des garanties à la police pour qu'elle "assure le droit de tous de manifester".

Dilma Rousseff participera dans la matinée à une cérémonie de remise de logements sociaux dans l'Etat de Bahia (nord-est), l'un de ses fiefs électoraux.

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