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17/03/2016 07:25 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Brésil : Lula devient ministre, Rousseff dénonce des "putchistes"

L'ancien président de gauche du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, a pris jeudi ses fonctions de chef de cabinet de la présidente de gauche Dilma Rousseff, en pleine tempête politique, la présidente dénonçant "des putschistes".

"Les cris des putschistes ne vont pas me faire dévier de cap ni mettre à genoux notre peuple", a proclamé jeudi Mme Rousseff.

"S'ils violent les prérogatives de la présidente que feront-ils avec celles des citoyens. C'est comme cela que commencent les coups d'Etat".

Dilma Roussef répondait aux manifestations d'hostilité qui ont débuté mercredi soir devant la présidence à Brasilia et dans plusieurs villes du pays et se poursuivaient jeudi, après des révélations d'écoute judiciaire.

La présidente de gauche a fustigé la publication mercredi soir de cet enregistrement suggèrant que Lula a été nommé ministre pour lui éviter un placement en détention, sur des soupçons de corruption, par le juge Sergio Moro chargé de l'enquête sur le scandale de pots-de-vin autour du géant pétrolier étatique Petrobras.

Dans l'écoute judiciaire divulguée mercredi soir, d'une conversation intervenue entre Dilma Rousseff et l'ancien président, la chef de l'Etat lui dit qu'elle va faire parvenir son décret de nomination pour qu'il puisse s'en servir "en cas de nécessité", ce qui a largement été interprété comme une tentative de le protéger contre une éventuelle arrestation.

"Il n'y aura pas de coup d'Etat!" scandait l'assistance à la cérémonie au palais présidentiel du Planalto à Brasilia, interrompue par un député opposant qui a hurlé "c'est la honte" et s'est fait huer.

La présidente est visée par une procédure parlementaire de destitution qui doit reprendre dans l'après-midi au Congrès des députés après avoir été interrompue depuis décembre.

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