NOUVELLES
17/03/2016 09:38 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Belgique : quatre policiers d'Anvers accusés d'extorsion et de violences contre des sans-papiers

Quatre policiers belges d'Anvers (nord) soupçonnés d'extorsion et de vols avec violence sur des personnes "en situation de précarité", notamment des étrangers sans papiers, ont été inculpés et trois d'entre eux placés en détention provisoire jeudi, a-t-on appris auprès du parquet de cette métropole flamande.

Les quatre inspecteurs de police, âgés de 24 à 34 ans, ont aussi été suspendus de leurs fonctions, selon le cabinet du bourgmestre (maire) d'Anvers, Bart De Wever, cité par l'agence de presse Belga, après que le parquet a annoncé qu'il existait à leur encontre des "indices sérieux de culpabilité".

Dans le cadre d'une enquête judiciaire ouverte il y a plusieurs mois, les quatre policiers ont été interpellés mercredi et entendus jeudi matin par un juge d'instruction, a précisé le parquet d'Anvers dans un communiqué. Trois ont été placés en détention provisoire, tandis que le quatrième a été remis en liberté "sous de strictes conditions", selon la même source.

Ils sont inculpés d'extorsion et de vols avec violence sur des personnes "en situation de précarité", a expliqué le parquet. Les faits se produisaient pendant leur service.

Les victimes présumées sont des Anversois, selon le communiqué. "Il y a des indices (montrant) qu'ils étaient contrôlés de manière arbitraire, frappés et dépouillés de leurs biens" par les policiers, a ajouté le parquet.

"Si les faits sont avérés, il s'agit d'une page noire dans l'histoire de notre corps (de police)", a réagi dans un communiqué M. De Wever. Egalement chef du parti nationaliste flamand N-VA, le maire d'Anvers défend une politique de fermeté face à la délinquance depuis qu'il a accédé à la tête de la plus grande ville de Flandre en janvier 2013.

Il existe une "forte présomption que leur comportement a été inspiré par des motivations racistes", a souligné de son côté l'agence publique indépendante Unia, chargée de lutter contre les discriminations. Parmi les victimes figurent des sans-papiers mais aussi des réfugiés, selon elle.

"C'est la chose la plus minable que puisse faire un policier. Les illégaux sont impuissants, ils ne vont jamais porter plainte, de peur d'être attrapés et de devoir quitter le territoire", a commenté sous le couvert de l'anonymat un policier anversois cité par le journal flamand De Morgen.

str-siu/mad/bds