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17/03/2016 07:52 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Arrestations de l'UPAC : étonnement en Gaspésie

L'arrestation de l'ex-ministre Nathalie Normandeau par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) suscite énormément de surprise dans la Baie-des-Chaleurs. Mme Normandeau a été députée de la circonscription de Bonaventure pendant près de 13 ans.

Un texte de Joane Bérubé

Le préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, préfère d'ailleurs attendre les développements avant de se prononcer.

Même son de cloche de la part de Nicole Appleby, ex-mairesse de New Richmond et ancienne attachée politique de l'ex-ministre des Finances libéral Gérard D. Lévesque, qui défend l'intégrité de l'ancienne ministre. « Je suis la personne la plus surprise, commente Mme Appleby. Elle a fait beaucoup pour la région. Quant à moi, c'est une personne foncièrement honnête et je lui donne le bénéfice du doute jusqu'à preuve du contraire. »

L'employeur de Nathalie Normandeau, FM93, a annoncé la suspension sans solde de l'ancienne vice-première ministre du Québec.

L'UPAC a aussi arrêté l'ex-maire de Gaspé François Roussy et l'ex-ministre et député libéral Marc-Yvan Côté, originaire de Sainte-Anne-des-Monts.

Maire de Gaspé pendant 12 ans, François Roussy a aussi été attaché politique de Gaétan Lelièvre, l'actuel député péquiste de Gaspé. Il doit répondre à deux accusations soit complot et abus de confiance.

La Ville de Gaspé a indiqué qu'elle ne commentera pas les arrestations de l'UPAC.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, reconnaît que c'est un choc pour le milieu politique régional. Il salue toutefois les arrestations effectuées par l'UPAC. « La justice, dit-il, va suivre son cours. Ce qui est important, pour notre formation politique, c'est que l'on obtienne toute la vérité et qu'il n'y ait pas d'impunité pour des gens qui auraient commis des abus. »

Le mois dernier, le député Bérubé avait interpellé la ministre de la Justice Stéphanie Vallée au sujet des enquêtes Lierre et Joug. Le Parti québécois exigeait des explications sur ces enquêtes de 2014 qui n'avaient pas eu de suite.

Les responsables de l'UPAC expliquent que des événements récents, dont des dénonciations, ont mené à ces arrestations et au dépôt d'accusations.

Selon le grand patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, les accusés auraient, à différents moments ou de différentes façons, contourné les lois pour effectuer du financement politique illégal ou pour obtenir des subventions gouvernementales. L'UPAC a aussi indiqué que les enquêtes Joug et Lierre avaient été jumelées étant donné les interactions importantes relevées par le travail des policiers.

Les accusés comparaîtront le 20 avril.